Le gouvernement provincial du Haut-Uele a décidé de lever le couvre-feu instauré il y a près d'un mois à Isiro, chef-lieu de la province, ainsi que dans le territoire de Watsa. Cette mesure sécuritaire avait été prise pour faire face à la recrudescence des actes de banditisme, notamment les vols à main armée et les meurtres enregistrés dans ces deux entités.
Toutefois, cette décision ne fait pas l'unanimité. Plusieurs acteurs de la société civile estiment que la situation sécuritaire demeure préoccupante et jugent prématurée la levée de cette mesure. À titre illustratif, un conducteur de moto-taxi a été tué mardi dernier à Durba, dans le territoire de Watsa.
Un mois de restrictions et de patrouilles renforcées
Pendant près d'un mois, les bars et autres commerces ouverts la nuit ont dû fermer leurs portes à Isiro et dans le territoire de Watsa en raison du couvre-feu. Durant cette période, les forces de l'ordre ont intensifié leurs patrouilles afin de lutter contre la criminalité, en particulier les vols à main armée et les meurtres dans la région.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Selon la société civile, plusieurs cas d'insécurité étaient signalés quotidiennement dans ces entités.
Le gouvernement évoque une amélioration de la situation
Pour le gouvernement provincial, la situation sécuritaire s'est améliorée après un mois d'application du couvre-feu. Cette évolution a conduit l'exécutif provincial à lever la mesure lundi.
Mais du côté de la société civile et de certains leaders politiques, l'inquiétude reste de mise. Mardi, un conducteur de moto-taxi a été tué à Durba. Sa mort a provoqué la colère de ses collègues, qui ont manifesté mercredi dans les rues de cette agglomération.
La société civile dénonce une décision prématurée
Pour Joseph Kelema, président de la société civile de Watsa, l'insécurité reste alarmante malgré les restrictions imposées ces dernières semaines.
« Il ne se passe aucune nuit sans qu'il y ait un cas. Ici, dans le territoire de Watsa, c'est très grave, parce que vous pouvez enregistrer au moins quatre, cinq, voire dix cas dans des agglomérations différentes. Donc, la situation est tellement alarmante. L'efficacité de ce couvre-feu ne s'est pas ressentie. Nous avons été étonnés de voir les autorités politico-administratives lever cette mesure. »
Selon cette structure citoyenne, le gouvernement provincial aurait dû procéder à une évaluation de l'impact du couvre-feu avant de décider de sa levée.