Cameroun: L'avocate Alice Nkom condamnée à un an de prison avec sursis pour «bris de scellés»

Au Cameroun, des organisations de la société civile dénoncent un acte d'intimidation judiciaire à l'encontre des défenseurs des droits humains après la condamnation de Maître Alice Nkom par la justice. L'avocate, connue au Cameroun et au-delà pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+, est aussi présidente du conseil d'administration du Réseau des défenseurs des droits humains d'Afrique centrale (Redhac).

Lundi 21 septembre, le tribunal correctionnel de Douala-Bonanjo, dans la capitale économique du Cameroun, l'a condamnée à un an de prison avec sursis et à une amende de 500 000 francs CFA, soit environ 760 euros, pour avoir brisé les scellés apposés sur les locaux du Redhac il y a près de deux ans. Pour les soutiens de Maître Alice Nkom, cette condamnation est une manifestation supplémentaire du harcèlement subi par les voix contestataires au Cameroun.

Le 6 décembre 2024, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, suspend cinq organisations non gouvernementales, dont le Redhac, pour une durée de trois mois. Il exige de la transparence sur l'identité de leurs bailleurs et sur la gestion de leurs fonds, invoquant des soupçons de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.

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Quelques jours plus tard, le 9 décembre 2024, les autorités administratives de Douala et la police mettent les bureaux du Redhac sous scellés. Alice Nkom les retire alors devant la presse pour dénoncer une mesure illégale.

Alice Nkom prévoit de faire appel

Ce lundi, Alice Nkom et la directrice du Rdhac, Maximilienne Ngo Mbe, étaient également jugées pour rébellion en coaction. Pour ce motif, elles ont finalement été déclarées toutes deux non coupables. Condamnée en revanche pour « bris de scellés » à un an de prison avec sursis, Alice Nkom prévoit de faire appel.

Une autre défenseuse des droits humains, Cyrille Rolande Bechon, déplore une criminalisation de la société civile destinée, dit-elle, à décourager les voix critiques et à resserrer l'espace des libertés publiques.

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