En Guinée-Bissau, un panneau indiquant « patrimoine de l'État » a été installé devant le siège du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), quelques jours après que les militaires au pouvoir lui ont ordonné de quitter les lieux. Selon plusieurs sources, des hommes armés en tenue militaire ont pénétré mercredi dans les locaux, situés à proximité du palais présidentiel à Bissau.
« République de Guinée-Bissau, patrimoine de l'État » : c'est ce que l'on peut désormais lire, en gros caractères, sur un panneau fraîchement installé devant le siège du PAIGC. Selon plusieurs sources, mercredi en fin de matinée, des hommes armés en tenue militaire ont pénétré dans les locaux, alors vides, du parti. Ils auraient détruit la porte d'entrée et certaines fenêtres avant d'installer ce nouveau panneau à la place de celui du PAIGC.
La semaine dernière, la junte au pouvoir avait sommé le parti historique, désormais dans l'opposition, de déménager son siège, situé à proximité du palais présidentiel. La mesure concerne également toutes les formations politiques dont les locaux se trouvent à moins de 500 mètres de la présidence, d'une ambassade, d'une caserne militaire ou d'un hôpital. Dans un communiqué, le Haut commandement militaire leur avait accordé sept jours pour déménager.
Un acte « incompréhensible »
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Vendredi, le PAIGC avait dénoncé une mesure « illégale », assurant que tout déménagement ou toute expulsion du siège d'un parti devait être décidé par la justice et non par les autorités militaires.
Le PAIGC n'a pas encore officiellement réagi à l'installation du panneau. Joint par téléphone, un militant des droits de l'homme dénonce toutefois un acte « incompréhensible ». Le siège du parti était déjà inoccupé depuis le coup d'État militaire du 26 novembre dernier. Ce militant accuse la junte de vouloir ainsi « détruire l'histoire de la lutte pour l'indépendance », alors que la Guinée-Bissau célèbre ce jeudi le 53e anniversaire de son indépendance.