Faut-il réduire les missions de paix de l'ONU ou leur donner les moyens de remplir leur mandat ? La question se pose pour la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), engagée dans le suivi du cessez-le-feu dans l'est de la RDC. Kinshasa, qui demandait son retrait accéléré en 2023, défend aujourd'hui une autre perspective.
À Goma, dans l'est de la RDC, le chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), James Swan, a rencontré le 23 septembre les membres du Mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu, ainsi que le groupe politico-militaire AFC/M23 qui contrôle des pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La mission se dit prête à poursuivre son appui, dans les limites de son mandat.
La Monusco a déjà apporté un soutien logistique à deux missions de vérification, à Minembwe (Sud-Kivu) et dans le Masisi (Nord-Kivu). Mais avec quels moyens, et pour combien de temps ?
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À l'ONU, les États-Unis disent avoir perdu confiance dans la capacité des opérations de paix à produire des résultats à la hauteur de leur coût. Washington veut des objectifs mesurables et se dit prêt à reconfigurer, voire fermer, les missions jugées insuffisamment performantes.
Changement de positionnement de Kinshasa
La France défend des missions capables de s'adapter, avec les ressources nécessaires. Kinshasa veut, pour la Monusco, une évolution décidée avec l'État congolais, selon les besoins du terrain : protéger les civils, appuyer le cessez-le-feu et les mécanismes de vérification. La RDC demande que toute réduction de la mission puisse être revue si la sécurité se dégrade. C'est un changement par rapport à sa demande de retrait accéléré en 2023.
Reste une limite, rappelée par le secrétaire général adjoint aux opérations de paix Jean-Pierre Lacroix : imposer la paix, c'est faire la guerre ; ce n'est pas le rôle des Casques bleus. Dans ces conditions, la Monusco peut aider à vérifier un cessez-le-feu. Elle ne peut pas faire la guerre pour l'imposer.