La Kényane Wangari Maathai a été la première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix, en 2004, pour son action en faveur de l'environnement, de l'émancipation féminine et de la sécurité alimentaire. Défenseuse de l'environnement, elle s'est battue notamment pour planter des arbres. Quinze ans après sa mort en 2011, une pièce la met à l'honneur du 25 au 27 septembre à Nairobi, au théâtre Shah Jain Bhavan. Pensée par le collectif Too Early for Birds, la pièce éponyme, Wangari Maathai, retrace la vie de cette militante.
Les répétitions battent leur plein à quelques jours de la première. Mêlant narration, dialogues et chansons, la pièce retrace le parcours de Wangari Maathai : son mouvement pour planter des arbres, sa bataille pour sauver le parc Uhuru à Nairobi ou encore sa grève de la faim avec des mères de prisonniers politiques pour demander leur libération.
Ses combats ont été multiples, comme le souligne Charles Gachanja, un des comédiens : « Chaque parc verdoyant que je vois dans ce pays, je l'attribue à Wangari Maathai. Les forêts, les parcs nationaux, tous ces endroits où il y a beaucoup de verdure, ce sont des choses pour lesquelles je me dis : "Merci beaucoup Wangari, parce que si tu ne t'étais pas battue pour ça, nous ne l'aurions pas aujourd'hui". Nous devons poursuivre son combat, défendre ces forêts qui sont essentielles. Pas seulement pour nous aujourd'hui, mais aussi pour les générations qui viendront après. »
Une source d'inspiration
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Que le parcours de Wangari Maathai inspire les spectateurs, c'est ce qu'espère Martin Kigondu, le metteur en scène : « Elle racontait l'histoire du colibri et comment, avec son petit bec, il essayait d'éteindre l'incendie qui ravageait la forêt, pour dire que, peu importe la quantité d'eau que l'on peut transporter, ce qui compte, c'est l'effort fourni pour éteindre le feu. Le parcours de Wangari Maathai nous rappelle que lorsque l'on constate un manquement au niveau du leadership, c'est à nous de faire mieux. »
Derrière cette pièce de théâtre, il y a le collectif Too Early For Birds, qui a mis sur pied depuis 2017 plusieurs productions théâtrales avec un objectif : mettre en lumière des figures qui ont marqué l'histoire kényane.
La combattante Mau Mau Field Marshal Muthoni Wa Kirima par exemple ou le politique et syndicaliste Tom Mboya assassiné en 1969 ont vu leurs histoires être racontées sur les planches. Désormais, c'est au tour de Wangari Maathai.
« Il y a une multitude d'histoires qui méritent d'être racontées »
Abigail Arunga est l'autrice principale de la pièce. Elle a travaillé avec une équipe de chercheurs pour documenter l'histoire de la militante de l'environnement. Elle raconte avoir découvert plusieurs pans de sa vie. « Nous entendons souvent parler des mêmes héros, comme le mythe de Luanda Magere [un héros légendaire du peuple Luo du Kenya, NDLR] par exemple, décrit comme un grand guerrier et un combattant. C'est une très belle légende, mais nous avons tellement d'autres récits. Il y a une multitude d'histoires qui méritent d'être racontées et que, le plus souvent, les gens ne connaissent pas vraiment », souligne Abigail Arunga.
« Dans notre système éducatif, une grande partie de cette histoire est traitée de manière superficielle et est en quelque sorte teintée par une influence coloniale ou par ceux qui publient nos manuels scolaires. Si nous n'écrivons pas nous-mêmes nos propres récits, nous ne connaitrons pas les éléments importants qui sont laissés de côté, lorsque ce sont d'autres personnes qui racontent notre histoire », poursuit l'autrice.
Depuis la création du Green Belt Movement par Wangari Maathai en 1977, il est estimé que plus de 50 millions d'arbres ont été plantés.