Le Bénin a confirmé son dynamisme économique en 2025 avec l'une des croissances les plus élevées d'Afrique, mais la mobilisation de financements à grande échelle sera déterminante pour soutenir sa transformation économique et renforcer sa résilience à long terme, selon le Rapport pays 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement consacré au Bénin, et publié le 29 juillet 2026.
L'économie béninoise a ainsi enregistré une croissance estimée à 8,1 % en 2025, après celle de 7,5 % en 2024. Cette performance a été portée par le dynamisme de la construction, de l'industrie manufacturière, des transports, du commerce et des investissements publics et privés.
Les perspectives demeurent favorables, avec une croissance projetée à 7 % en 2026 puis à 7,1 % en 2027, un niveau largement supérieur aux moyennes attendues pour l'Afrique, l'Afrique de l'Ouest et l'économie mondiale.
Le cadre macroéconomique continue également de se renforcer, indique le rapport. Par ailleurs, l'inflation est restée maîtrisée à 1,1 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire a été ramené à 2,8 % du PIB, contre 3 % l'année précédente. Les exportations ont progressé et le déficit courant s'est réduit à 5,8 % du PIB.
Cette dynamique économique ouvre de nouvelles perspectives pour le pays. Toutefois, d'importants défis persistent. Malgré les progrès réalisés, la pauvreté touche encore plus du tiers de la population et l'économie reste confrontée à d'importants besoins en infrastructures, en capital humain et en industrialisation.
Selon les estimations de la Banque africaine de développement, le Bénin devra mobiliser environ 2,43 milliards de dollars par an jusqu'en 2030 afin d'accélérer sa transformation structurelle et de combler les besoins de financement dans des secteurs clés tels que les transports, l'énergie, l'éducation et l'innovation.
« Le Bénin a démontré une forte capacité de résilience ainsi qu'une remarquable dynamique de croissance. La prochaine étape consiste à mobiliser davantage de ressources publiques et privées afin de financer les investissements qui renforceront la productivité, soutiendront l'industrialisation et créeront davantage d'opportunités pour les populations », a déclaré Tankien Dayo, économiste-pays principal du Groupe de la Banque et auteur principal du rapport.
Le rapport souligne que le pays dispose de plusieurs leviers importants pour élargir ses capacités de financement. Parmi eux figurent le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, l'amélioration de l'efficacité de la dépense publique, le développement des partenariats public-privé, la mobilisation des investissements de la diaspora ainsi qu'une meilleure valorisation du capital naturel.
Le rapport de la Banque africaine de développement met également en avant les progrès réalisés dans la modernisation de l'administration fiscale, la digitalisation des services publics et l'amélioration de la transparence budgétaire. Ces réformes ont contribué à renforcer la crédibilité économique du pays et à améliorer son accès aux marchés internationaux des capitaux.
Le Bénin bénéficie par ailleurs d'atouts importants pour attirer davantage d'investissements, notamment la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), le développement du Port autonome de Cotonou, l'exploitation prochaine de nouvelles ressources extractives et sa position stratégique au sein des marchés régionaux de l'UEMOA et de la CEDEAO.
Le rapport conclut que le pays dispose aujourd'hui de fondations économiques solides pour poursuivre sa transformation. L'enjeu est désormais de mobiliser les capitaux nécessaires pour accélérer l'industrialisation, renforcer la création d'emplois et soutenir une croissance durable et inclusive. Cela passe notamment par un approfondissement du secteur financier national. Le rapport propose ainsi de mettre l'accent sur le renforcement de l'intégration du Bénin dans le paysage bancaire panafricain, la mobilisation de l'épargne domestique, ainsi que l'intégration de la finance climatique et de la finance islamique dans le système financier national.