Afrique: Antonio Guterres - « L'Afrique, 'double victime' du colonialisme au XXIe siècle - - Un appel à la réforme des institutions mondiales »

Du haut de la tribune de la 81ème session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations unies tenue ce mardi 22 septembre 2026 à son siège de New York aux Etats-Unis, le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé que l'Afrique demeure « victime du colonialisme » au XXIe siècle. Il dénonce la sous-représentation du continent dans les institutions multilatérales et relance le débat sur la nécessité d'une réforme profonde de la gouvernance mondiale.

« L'Afrique est une double victime du colonialisme », Antonio Guterres

Selon ses mots, le continent africain continue de ne pas occuper « une place à la hauteur de son importance sur la scène mondiale », malgré ses richesses et son poids démographique.

Guterres a expliqué cette « double victimisation » en deux temps : d'abord l'impact historique du colonialisme -- notamment la traite transatlantique des esclaves, l'exploitation des ressources et la perturbation des structures politiques et sociales -- puis la création, au moment de l'ordre mondial d'après-guerre, d'institutions multilatérales (ONU, FMI, Banque mondiale, etc.) auxquelles la plupart des pays africains n'ont pas participé à leur établissement et qui, de facto, ont fixé des règles et des rapports de force dont l'Afrique a souffert.

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Un constat historique, politique et économique

L'analyse du secrétaire général fait écho à des revendications de longue date : l'Afrique, qui représente une part croissante de la population mondiale et possède d'importantes ressources naturelles, se trouve souvent marginalisée dans les décisions internationales majeures -- qu'il s'agisse de sécurité, d'économie, d'accès aux financements ou de gouvernance climatique.

Les observateurs soulignent plusieurs dimensions concrètes de cette marginalisation :

  • Une représentation limitée dans les organes de décision internationale, tant en termes de sièges que d'influence ;
  • Des règles économiques et financières héritées d'un système établi au milieu du XXe siècle, qui pénalisent parfois les pays en développement ;
  • Des flux de capitaux et des accords commerciaux souvent défavorables, qui freinent l'industrialisation et la création de valeur ajoutée sur place ;
  • Le fardeau de la dette et des conditions de prêts qui limitent les marges de manoeuvre budgétaires.

Appel implicite à des réformes structurelles

Les propos du Secrétaire général Guterres ravivent les appels à une réforme des institutions multilatérales. Parmi les pistes régulièrement évoquées par experts et acteurs politiques figurent :

  • La réforme du Conseil de sécurité de l'ONU (représentation régionale, sièges permanents ou semi-permanents) ;
  • Un rééquilibrage des voix et droits de vote au sein du FMI et de la Banque mondiale pour mieux refléter les réalités démographiques et économiques contemporaines ;
  • Des mécanismes de financement innovants (allocation de droits de tirage spéciaux, fonds adaptés pour l'adaptation climatique, etc.) ;
  • Des politiques commerciales et industrielles favorisant le développement local et la transformation des matières premières ;
  • La remise à plat des cadres de la dette et des mécanismes d'allègement pour les pays en difficulté.

Réactions et attentes -- vers quelle responsabilité internationale ?

Si le discours du patron de l'ONU ce jour sert de point de départ au débat, de nombreux acteurs africains et internationaux observent que la reconnaissance d'un problème est une étape nécessaire mais non suffisante. Les organisations de la société civile réclament des mesures concrètes : transparence sur les flux financiers, responsabilité des entreprises extractives, transfert de technologies, et renforcement des capacités institutionnelles nationales.

Des dirigeants africains, des organisations régionales comme l'Union africaine, ainsi que des coalitions de pays en développement ont historiquement demandé une voix plus forte dans les négociations internationales -- sur le commerce, le climat, la sécurité et la finance -- et ses propos pourraient accentuer la pression en faveur de propositions concrètes lors des prochains sommets internationaux.

Enjeux pour l'avenir

La marginalisation de l'Afrique au sein des instances mondiales ne concerne pas uniquement les États africains : elle a des conséquences globales. Une intégration plus équitable du continent dans la gouvernance mondiale peut renforcer la stabilité régionale, dynamiser l'économie mondiale et améliorer les réponses collectives aux crises transnationales (changement climatique, pandémies, migrations).

Conclusion

En qualifiant l'Afrique de « double victime du colonialisme », Antonio Guterres relance un débat central : celui de la justice structurelle au sein des institutions internationales. Si la reconnaissance du problème est de nature politique et symbolique, la pression monte pour qu'elle débouche sur des réformes mesurables : représentation accrue, redistribution des ressources et adaptation des règles mondiales pour mieux prendre en compte les intérêts et les aspirations du continent africain.

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