Niger: Société nigérienne de Sécurité - Le conflit judiciaire d'associés tourne en faveur de Yacine Diallo

Après des mois de tiraillements, la justice nigérienne a départagé les associés de la Société nigérienne de sécurité (SNS), le 25 septembre 2026. Elle a donné raison au jeune chef d'entreprise, Yacine Hassane Diallo, qui voyait derrière ce litige une machination visant à l'écarter de l'entreprise qu'il a fondée dans la sueur et l'ingéniosité.

Presque clap de fin d'un contentieux porté devant la juridiction compétente de Niamey. Une décision de justice vient d'être rendue et marque un tournant décisif dans une affaire à rebondissements qui tenait en haleine tout le Niger. Crée en 2008 à l'initiative de Yacine Diallo, rentré de la France après 30 ans d'exil pour investir et créer des emplois au Niger, la Société nigérienne de sécurité (SNS) a été secouée par une grave crise de gouvernance.

Des désaccords profonds ont opposé, ces derniers mois, les trois principaux actionnaires, Diallo (34 %), Mariama Oumarou (33 %) et l'ancien ministre de la Défense, Indattou Alkassoum (33 %). Si la répartition des parts, issue d'une cession intervenue entre 2013 et 2014, semble équilibrer, les tensions n'ont cessé de croître.

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L'entente entre les associés a volé en éclats, suite à l'assemblée générale du 26 mars 2026, convoquée par Diallo lui-même, pour examiner les états financiers, acter sa démission et envisager la vente de ses parts. Aussi intrigant que cela puisse paraitre, un constat d'huissier attestant de la présence des deux autres associés, représentant 66 % du capital à la rencontre a été produit. De même, un document mentionnant la nomination de Hamadou Dayazi comme nouveau gérant a été également déposé au greffe. M. Yacine Diallo a tout naturellement contesté la régularité de ces démarches.

Il a dénoncé un procès-verbal «irrégulier» et a saisi la justice nigérienne. La situation financière de la SNS est à la base des mésententes entre les actionnaires. En février 2026, Coris Bank International a adressé une mise en demeure pour un crédit de 200 millions de francs CFA, dont près de 197 millions restaient impayés. D'autres saisies révèlent des dettes de plus de 57 millions auprès de la BSIC Niger et de 31 millions auprès de la Banque islamique du Niger.

Les deux autres associés ont imputé, sans prouver des documents irréfutables, ces engagements réels à M. Diallo. Cette accusation justifie d'ailleurs les combines pour l'éloigner de la société. Les dividendes ont également nourri le conflit. L'associé Indattou Alkassoum a affirmé n'avoir rien perçu depuis décembre 2020, soit une période de 66 mois sans paiement.

La légitimité retrouvée

Face aux manœuvres des deux autres associés pour prendre le contrôle de la SNS, sur fond d'accusations de mauvaise gouvernance, M. Yacine Diallo n'est pas resté les bras croisés. Il a contre-attaqué en justice et a obtenu gain de cause. Dans le même mois de juillet 2026, une première décision de justice a été prononcée en faveur de M. Diallo, qui a pu reprendre de fait possession de la SNS. Fort de ce jugement, il a organisé un point de presse le 10 août dernier au siège de l'entreprise à Niamey.

A cette occasion, il a dénoncé les manœuvres de ses associés pour l'écarter, le blocage de son accès aux comptes bancaires, l'impossibilité de payer les salaires et une perte de «90 % du portefeuille clients». Le fondateur de la SNS a également alerté sur la sécurité juridique des investissements de la diaspora, appelant à protéger les entreprises et les emplois créés au Niger. M. Diallo et ses deux associés ont alimenté au fil des semaines un bras de fer, qui a fragilisé la SNS et plongé son personnel dans la précarité avec plusieurs mois d'arriérés de salaire.

Si cette affaire revêt toujours des zones d'ombre, elle semble en passe de relever désormais du passé. La justice nigérienne a définitivement tranché en faveur de Yacine Diallo, le 25 septembre 2026. Cette décision confirme son rôle central dans la SNS et lui redonne une légitimité contestée par ses associés. Malgré la majorité du capital détenue par Mariama Oumarou et Indattou Alkassoum, Yacine Diallo bénéficie désormais d'un appui judiciaire qui pourrait rebattre les cartes dans la gouvernance de la SNS.

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