Dans cet entretien, la présidente du Lions club Akoben lève un coin de voile sur le programme du club à l'occasion d'Octobre Rose, mois consacré à la sensibilisation et à la lutte contre le cancer du sein.
On associe souvent les clubs services à des dîners et à des cotisations. Manifestement, les membres d'Akoben en font bien plus. Qu'est-ce qui vous motive ?
La devise internationale est « We Serve ». Notre club, Akoben, y a ajouté le slogan « En action pour servir », qui traduit notre état d'esprit : être sur le terrain, rencontrer les bénéficiaires, comprendre les besoins réels et apporter des réponses concrètes. Notre club rassemble des femmes et des hommes issus d'univers professionnels différents. Cette diversité est notre force.
En nous adaptant aux réalités et aux besoins de nos communautés, nous inscrivons nos actions dans les grandes causes portées par notre organisation à travers le monde. Cependant, notre Adn est fortement lié à la jeune fille, à la femme, à l'enfant, à l'éducation et à l'autonomisation. Si je devais résumer la raison d'être d'Akoben en une phrase, je reprendrais simplement celle de notre fondateur, Melvin Jones : « Là où il y a un besoin, il y a un Lion. »
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
En Côte d'Ivoire, le cancer du sein est le premier des cancers chez la femme. On en détecte trois cas sur quatre tardivement. Selon vous, pourquoi tant de femmes attendent-elles si longtemps avant de consulter ?
Lors de nos actions de sensibilisation, on entend souvent certaines femmes dire qu'elles n'avaient pas réellement compris l'importance du dépistage ou de l'autopalpation. On mesure donc tout le chemin qu'il reste à parcourir ! Il y a plusieurs raisons à cela, comme la peur de connaître le diagnostic et de savoir ce que coûtera la maladie si elle est détectée. Il y a aussi le manque d'information, certaines croyances, le poids du regard de l'entourage et les difficultés concrètes d'accès aux structures de santé. Cette peur est humaine.
Mais savoir tôt peut tout changer. Notre ambition est donc simple : sensibiliser, parler, expliquer, rassurer, informer et encourager au dépistage ; mais aussi rappeler que, détecté précocement, un cancer peut offrir de meilleures perspectives de prise en charge. Ainsi, lorsqu'une anomalie est détectée, la personne est orientée vers les professionnels et les structures compétentes, afin de faciliter la continuité de son parcours et d'assurer sa prise en charge. Notre objectif est de créer la première porte d'entrée. Nous ne remplaçons ni les médecins, ni les hôpitaux, encore moins l'État.
Quelle organisation mettez-vous en place cette année pour Octobre Rose ?
Comme les années précédentes, nous toucherons plusieurs publics et des centaines de personnes. Nous irons directement au coeur des entreprises afin de sensibiliser les femmes sur leurs lieux de travail, en partenariat avec la Pisam, Filtisac et d'autres acteurs que nous mobilisons actuellement.
Comment choisissez-vous les chantiers sur lesquels le club s'investit ?
Nos décisions sont collectives, mais nos actions naissent du terrain. Notre force, c'est la proximité : aller vers les populations, mobiliser les communautés, les entreprises et les partenaires pour créer des passerelles. Dès qu'un besoin est identifié, nous mobilisons notre réseau pour trouver du matériel, des financements et des compétences, ou pour amplifier une campagne.
Nous sommes un trait d'union entre les besoins du terrain et ceux qui peuvent y répondre. C'est ainsi que nous avons mené ou soutenu plusieurs autres actions dans les domaines de la santé, de la solidarité et de l'aide humanitaire, notamment au Chu de Treichville, auprès d'une pouponnière ou encore dans la lutte contre la toxicomanie. Enfin, pour 2026-2027, nous portons également, dans plusieurs villes de Côte d'Ivoire, notre projet phare « Passer'Elles by Akoben », consacré à la transmission intergénérationnelle, au leadership féminin, au mentorat et à l'autonomisation économique des femmes.