Le Théâtre National Mohammed V a abrité, vendredi soir à Rabat, une représentation de la pièce « El Harraz », l'un des chefs-d'oeuvre du patrimoine théâtral marocain, revisitée à travers une vision juvénile et novatrice.
Ce spectacle, présenté dans le cadre du projet de la 35e promotion de l'Institut Supérieur d'Art Dramatique et d'Animation Culturelle (ISADAC), met en avant le patrimoine marocain à travers une nouvelle présentation de cette oeuvre « iconique » selon une vision contemporaine portée par des jeunes, qui ne se limite pas à l'imitation de la version originale, mais se base sur l'exploration de ses facettes sous le prisme d'une nouvelle génération, tout en préservant son authenticité.
Ce spectacle tend également à mettre en exergue les valeurs de l'amour, du dévouement, de l'entraide et de l'esprit de groupe, et à renouer les liens des jeunes avec le patrimoine, la culture et l'art du Malhoun, en les exprimant par leurs idées et leurs corps à la faveur de tableaux chorégraphiques, de nature à insuffler un nouveau souffle au répertoire marocain tout en préservant son âme et son authenticité.
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Dans une déclaration à la MAP, le metteur en scène de l'oeuvre, Amine Nassour, a souligné que le travail sur la pièce « El Harraz », initialement mise en scène par feu Tayeb Saddiki et écrite par Abdeslam Chraïbi, et qui a marqué la mémoire de générations de Marocains, n'avait pas pour objectif d'imiter l'oeuvre originale ou de reproduire son esthétique à l'identique, mais plutôt de la réinterroger et d'en découvrir d'autres facettes, tout en préservant l'authenticité façonnée par Tayeb Saddiki en collaboration avec Abdeslam Chraïbi.
La nouvelle représentation d' »El Harraz » a été portée par une nouvelle génération qui a su insuffler à cette oeuvre artistique « un nouveau souffle », a-t-il ajouté, relevant que la présence massive d'un public jeune venu assister à la représentation témoigne du succès de ce pari, qui consiste à faire revivre le répertoire théâtral marocain aux couleurs de l'époque actuelle.
De son côté, la comédienne et lauréate de l'ISADAC, Nihal Salama, a expliqué, dans une déclaration similaire, que la troupe de la 35e promotion des lauréats, dont elle fait partie, ambitionne, à travers la présentation de la pièce, de réincarner un pan du patrimoine marocain, en partant de la vision de cette jeune génération de l'oeuvre théâtrale, de sa propre perception de sa relation au patrimoine et de sa lecture de celui-ci.
Pour sa part, le comédien Adnane Guennine, qui campe le rôle d' »El Harraz », a souligné que le fait de monter sur les planches pour présenter cette pièce constitue pour lui l'opportunité de rendre hommage à feu Tayeb Saddiki et de se remémorer son souvenir et son héritage artistique, précisant que cette expérience lui permet, ainsi qu'à ses confrères, d'exprimer les préoccupations et les idées qui les animent aujourd'hui, tout en interrogeant le sens du patrimoine et sa place à l'heure actuelle.
La présentation de ce spectacle sur les planches du Théâtre National Mohammed V a constitué l'occasion pour une nouvelle génération de lauréats de l'Institut de s'imprégner de l'un des textes fondateurs de l'histoire du théâtre marocain, dans le cadre d'une expérience alliant formation, pratique professionnelle et réappropriation de la mémoire théâtrale dans un esprit contemporain.