Comment le ralentissement de l'économie chinoise impacte-t-il le commerce avec ses principaux partenaires du continent africain ? Le think tank américain Atlantic Council s'est penché sur la question et nuance le discours « gagnant-gagnant » de Pékin. Tout le monde n'est pas logé à la même enseigne : l'impact varie beaucoup d'un pays à l'autre.
Dans une synthèse publiée en ligne ce mois de septembre, le groupe de réflexion spécialisé dans les relations internationales compare les effets de plusieurs grandes tendances en Chine sur trois pays du continent : l'Angola, la République démocratique du Congo (RDC) et l'Afrique du Sud.
Si Pékin affichait des chiffres records au premier semestre en termes d'investissements en Afrique, l'immobilier chinois s'effondre. Le secteur souffre de moins d'investissements et de projets et donc d'une baisse des besoins en pétrole et en matières premières traditionnelles liées à la construction, pénalisant ainsi des exportateurs comme l'Angola ou l'Afrique du Sud.
En revanche, l'essor en Chine des technologies dites « propres » - comme les véhicules électriques - profite aux exportations de minerais tels que le cuivre, la cathode et le cobalt, et par la même occasion aux acteurs du secteur en RDC.
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Exportations, investissements...
Face à une consommation intérieure en berne, la Chine se cherche de nouveaux moteurs de croissance. À savoir des débouchés pour tous les produits manufacturés. D'où la forte hausse des exportations vers l'Afrique, qui ont progressé plus rapidement que vers les autres régions du monde ces 18 derniers mois.
Une dynamique à double tranchant avec, d'un côté, la baisse des prix des équipements électroniques ou des machines-outils pour les consommateurs africains ; de l'autre, une concurrence à risque pour les industries locales.
La synthèse relève enfin une tendance à l'investissement des ménages chinois dans l'or comme valeur refuge, profitable à l'Afrique du Sud.
Toutes ces dynamiques, déjà observées l'an dernier par l'Atlantic Council, s'accentuent. Pour les analystes, les pays exportateurs du continent « ne doivent plus s'attendre à ce que la marée montante de la demande chinoise leur profite indistinctement ».