Dans l'ouest de l'Ouganda, le royaume du Tooro a un nouveau roi. Edward Rukidi Nyabongo Ier a été intronisé dans la nuit de lundi à mardi 29 septembre à Fort Portal. Il succède à son cousin Oyo, mort en août après un règne commencé à l'âge de trois ans. Le président Yoweri Museveni a pris part aux célébrations, malgré un recours déposé à la dernière minute contre cette succession et en dépit du fait que le roi du Tooro n'exerce aucun pouvoir politique officiel.
Même privé de pouvoir politique, le roi du Tooro conserve une influence importante au sein de sa communauté. Les tambours ont résonné toute la nuit à Fort Portal. Des délégations venues d'autres royaumes, dont le puissant Buganda, ont fait le déplacement.
Le président Yoweri Museveni était lui aussi présent. C'est lui qui a rétabli ces monarchies dans les années 1990, en leur conférant un rôle d'institutions culturelles. Lors de la cérémonie, il a rappelé les raisons de cette décision : « Le problème, c'est que les chefs héréditaires voulaient continuer à exercer un pouvoir politique. Mais je voyais aussi que des pans entiers de la société étaient laissés de côté. Et c'était très dangereux. »
Conflits sur la succession
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Mais en rétablissant ces royaumes, Yoweri Museveni n'a pas pour autant réglé la question de leur succession, selon le chercheur Tolit Atiya. Car lorsque la coutume est contestée, qui tranche ? Au Tooro, la famille d'Oyo invoque un fils héritier, tandis que les anciens du clan ont choisi Nyabongo Ier. Deux habitants et une organisation de la société civile ont, eux, saisi la justice.
L'autre enjeu est celui de la stabilité de cette région proche de la République démocratique du Congo. En 2016, à Kasese, une autre crise avait conduit l'armée à attaquer le palais du royaume voisin, faisant de nombreux morts. Un conflit sans lien avec cette succession, mais qui illustre le poids que ces monarchies continuent d'avoir dans la société ougandaise.