Afrique du Sud: Féminicide - Ramaphosa, ange gardien de l'autre moitié du ciel

analyse

Sale temps pour les femmes en Afrique du Sud. En effet, depuis un certain temps, une série de féminicides est signalée dans la nation arc-en-ciel. Selon l'ONU, le continent africain enregistre le taux de féminicides le plus élevé au monde, avec une moyenne de trois cas pour 100 000 femmes.

Les chiffres sont alarmants, car environ 20 000 femmes meurent chaque année en Afrique sous les coups d'un membre de leur famille, d'après les données des Nations unies. L'absence de cadre juridique y est pour beaucoup dans la montée du phénomène, car dans plusieurs pays, à l'exemple du Cameroun, le Code pénal ne reconnaît pas explicitement le terme de féminicide, qualifiant ces crimes de simples meurtres ou assassinats.

La situation est telle que le président Cyril Ramaphosa a dû monter au créneau, pour non seulement déplorer et condamner, mais aussi faire son mea culpa. Il s'est récemment adressé à la nation à la suite de la découverte macabre d'une dizaine de corps de femmes dans un même secteur à l'est de Johannesburg. Le pays fait face à une crise chronique de violences de genre, où environ 10 femmes sont tuées chaque jour.

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Ce n'est pas la première fois qu'il parle de ce sujet très préoccupant qui endeuille bien des familles. Il est intervenu à de nombreuses reprises pour condamner le fléau des violences sexistes et des féminicides, qu'il qualifie régulièrement de « honte nationale ». Ses prises de parole oscillent entre aveux d'impuissance de l'Etat, dénonciation de la passivité masculine et annonces de plans d'urgence. Le président Ramaphosa s'était déjà prononcé en 2020 pendant la « semaine sombre » quand sévissait le Covid-19, en 2025, où il a parlé de la reconnaissance d'une crise majeure, en août 2025 dans son discours à l'occasion de la célébration nationale de la Journée de la femme...

Mais, depuis lors, la situation n'a véritablement pas évolué et il reconnaît que le gouvernement n'a pas fait assez. Faire assez s'entend dans la prévention du féminicide, parce que le plus souvent, il y a des signes avant-coureurs que la société, la police et la justice ignorent jusqu'à ce que le pire arrive. C'est aussi l'arsenal législatif pour protéger les femmes.

On espère qu'après cet acte de contrition présidentiel, il se donnera tous les moyens pour éviter les dégâts. En tous les cas, il a d'ores et déjà donné le ton avec son tout dernier plan d'urgence, dont les mesures clés portent sur l'audit de sécurité urbaine, la cellule d'enquête nationale, les moyens médico-légaux et ADN, la lutte contre l'alcool et la réouverture de dossiers, le soutien judiciaire.

Il n'y a pas qu'en Afrique du Sud que les femmes sont malheureusement victimes de crimes abominables. Au Cameroun, le pays fait aussi face à une forte hausse des cas recensés (77 en 2025 et déjà 50 entre janvier et avril 2026), provoquant la colère des familles et des mobilisations publiques, soutenues par des personnalités comme la footballeuse internationale Ajara Nchout Njoya. Un projet de loi spécifique est également attendu au Parlement.

Au Kenya, les Organisations de la société civile (notamment Femicide Count Kenya) signalent une centaine à plus de 150 féminicides par an, un chiffre souvent sous-estimé par rapport à la réalité du terrain.

Déjà qu'être femme dans de nombreux pays constitue un fardeau, si encore pour un oui ou pour un non on doit attenter à leur vie, alors il est plus qu'urgent d'y mener des initiatives citoyennes et gouvernementales et d'opérer des réformes juridiques hardies pour protéger « L'autre moitié du ciel ».

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