Le référendum qui s’est tenu en Guinée-Bissau le 30 août 2026 a certes livré son verdict, avec le pourcentage de OUI qui s’élève à 70,42 %. Ce fort taux valide la nouvelle Constitution, et par conséquent ouvre le processus qui mène à l’élection présidentielle du 6 décembre, tel que fixé par la junte au pouvoir depuis le coup d’État du 26 novembre 2025.
Mais aujourd’hui beaucoup de questions restent en suspens, au point que certains observateurs sont dubitatifs sur la crédibilité de cette date fatidique, qui semble être un clin d’œil à la CEDEAO.
S’il est vrai que par un décret du 21 janvier 2026, le chef de la junte, le général Horta Ntam, en même temps qu’il fixait la date du scrutin, indiquait aussi qu’il excluait sa participation à la prochaine présidentielle, à l’heure actuelle rien n’est moins sûr quant à la participation des leaders de l’opposition. En effet, Domingo Simoès Pereira, le leader du PAIGC, est entre résidence surveillée et prison, et Fernando Dias, le challenger d'Umaro Sissoco Emballo, déclaré vainqueur à la dernière présidentielle de 2025, a lui trouvé asile à l’ambassade du Nigéria.
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Au même moment, l’ex-président Umaro Sissoco Emballo, qui avait été « déchu » lors du coup d’État de 2025, annonce son retour à Bissau pour prendre part au scrutin de décembre prochain ; lui dont on dit qu’il fut l’artisan présumé d’un des coups d’État les plus inédits, en ce sens qu’il avait annoncé lui-même le déroulé du putsch aux médias en direct.
A ce jour aucune poursuite n’a été déclenchée contre lui, comme c’est souvent le cas en de pareilles situations, où généralement le président déchu est exilé. C’est son cas depuis un an. Il réside au Maroc et à ce jour rien ne lui interdit d’être candidat, même si des suspicions pèsent sur son implication dans le coup d’État qui l’a renversé. Il reste toutefois que sa candidature, même si elle introduit une dose d’incertitude, n’en est pas moins soumise au final à la validation de la Commission Nationale des Elections (CNE), comme celle des autres potentiels candidats.
Il s’agit d’une des 6 six conditions à remplir par tout candidat et qui, par ailleurs, est la plus aléatoire. En effet, il faut le rappeler, le dossier de Domingos Simões Pereira du PAIGC avait été rejeté lors de la dernière présidentielle combinée avec les législatives, pour forclusion, l’amenant ainsi à soutenir le challenger d'Embaló, en l’occurrence Fernando Dias.
La nouvelle Constitution issue du référendum du mois d’août stipule en outre que les candidats doivent faire la preuve de leur résidence continue dans le pays durant 5 années successives, sans indiquer si les dispositions en question sont d’application immédiate ou non. La conséquence peut être lourde dans l’affirmative. Qui en décidera ?
En dissolvant le Conseil supérieur de la magistrature à l’article premier de la Charte de transition, et en s’adjugeant les prérogatives du judiciaire, la junte n’ouvre-t-elle pas aussi la porte à un processus d’exclusion des candidats au profit du « revenant » Umaro Sissoco Emballo, étant donné que la validation des candidats se trouve en dernier ressort de la Cour suprême ?
Bref, beaucoup de questions sont en débat à quasiment 3 mois d’une présidentielle incertaine avec une opposition muselée, une société civile sans implication véritable, et qui suspecte des velléités de faire revenir Emballo dès lors que le président de la Transition et son vice-président sont inéligibles aux termes de la charte de transition.