L'aéroport international d'Ivato applique un dispositif de sécurité sanitaire strict face au risque d'introduction du virus Ebola. Ces mesures sont pilotées par le ministère de la Santé publique.
L'aéroport international d'Ivato renforce son dispositif sanitaire. Tous les voyageurs arrivant à Madagascar sont désormais soumis à des contrôles de santé et à des mesures de traçabilité, sans exception. Des procédures d'isolement sont également prévues. Des équipes médicales sont mobilisées 24 heures sur 24 et une ambulance est stationnée en permanence sur place pour parer à toute urgence.
« L'adhésion de tous à ces mesures est essentielle, car chacun peut être porteur du virus Ebola, qu'il soit malgache, étranger ou personnalité VIP. Or, cette maladie présente un taux de létalité élevé », indiquait hier notre source auprès du ministère de la Santé publique pour justifier le renforcement du dispositif dans les aéroports.
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Tous les passagers en provenance de l'étranger sont ainsi soumis à des contrôles. À l'entrée de la salle des arrivées, le passage devant les caméras thermiques est devenu une étape incontournable pour détecter une éventuelle fièvre. « En cas de fièvre ou de signes de maladie, le voyageur est écarté du groupe pour une consultation médicale. Si les soupçons persistent, il est transporté par ambulance vers un centre de traitement spécialisé », explique une source médicale. Un bâtiment du ministère de la Santé publique serait déjà opérationnel à Ivato pour prendre en charge d'éventuels cas suspects ou confirmés. Ce centre est situé à l'écart des hôpitaux afin de limiter les risques de transmission aux autres patients.
Les cas suspects ne sont pas les seuls concernés par l'isolement. Parmi les voyageurs ayant séjourné en République démocratique du Congo, où sévit actuellement l'épidémie d'Ebola, seuls les ressortissants malgaches, les étrangers résidents, les titulaires d'un visa de travail ou d'études en cours de validité, ainsi que les diplomates et les membres d'organisations internationales sont autorisés à entrer dans le pays.
Tous sont soumis à une quarantaine obligatoire de 21 jours. Selon notre source, le temps passé dans un autre pays après avoir quitté la République démocratique du Congo est pris en compte dans le calcul de la durée restante de quarantaine à Madagascar. Si aucun symptôme ne se manifeste durant cette période, la personne peut reprendre ses activités habituelles et reçoit un certificat attestant la fin de sa quarantaine.
Quatre structures d'isolement
Pour accueillir ces voyageurs, quatre structures d'isolement ont été aménagées : trois hôtels et un site à Vontovorona. Selon le ministère de la Santé publique, 32 personnes ont été placées en isolement préventif depuis l'instauration de ces mesures. Parmi elles, 22 ont déjà pu regagner leur domicile. « Cet isolement s'accompagne d'un suivi sanitaire strict, avec des visites inopinées pour vérifier le respect des consignes et contrôler l'état de santé des personnes concernées », poursuit notre source. Selon le ministère, Madagascar ne recense à ce jour aucun cas suspect ni aucun cas confirmé d'Ebola.
Tous les passagers doivent également remplir une fiche sanitaire, y compris « les personnalités voyageant en zone VIP ».
Ce document consigne l'identité du voyageur, ses coordonnées, les contacts permettant de le joindre rapidement et son numéro de siège. « Il s'agit d'un détail crucial pour isoler rapidement les passagers assis à proximité d'un cas suspect et endiguer toute propagation. Toute fausse déclaration expose son auteur aux sanctions prévues par les textes en vigueur », explique une source auprès du ministère de la Santé publique.
Si aucun contrôle spécifique n'est exigé au départ des vols, les déplacements vers les zones touchées, notamment la République démocratique du Congo, sont temporairement suspendus.