La situation demeure préoccupante à la prison centrale de Mbuji-Mayi, où plus de 450 détenus vivent aujourd'hui dans des conditions extrêmement précaires, alors que cet établissement a été conçu pour accueillir environ 150 personnes. La surpopulation, le manque de nourriture et l'insalubrité favorisent la propagation des maladies, notamment la tuberculose.
Un nouveau cas de tuberculose a été identifié lors du dépistage mené la semaine dernière par la Coordination provinciale de lutte contre la tuberculose. Ce nouveau diagnostic porte à plus de 80 le nombre de détenus atteints de cette maladie au sein de la prison. Selon les responsables du programme, la mauvaise alimentation et la surpopulation figurent parmi les principaux facteurs expliquant cette propagation.
Une surpopulation alarmante
Prévue pour 150 détenus, la prison centrale de Mbuji-Mayi en héberge aujourd'hui plus du triple. Cette surpopulation extrême favorise la promiscuité, l'absence d'aération et la circulation rapide des maladies respiratoires. La tuberculose, particulièrement contagieuse dans les espaces confinés, y trouve un environnement propice à sa transmission.
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Les cellules, dépourvues de système de ventilation adéquat, accueillent parfois plus de 100 personnes dans des espaces réduits. Les détenus dorment à même le sol et ne disposent pas des conditions nécessaires pour respecter les règles élémentaires d'hygiène.
Des conditions sanitaires préoccupantes
À ces difficultés s'ajoute l'insalubrité des lieux. Les matières fécales exposées à l'air libre dégagent des odeurs persistantes qui affectent également les riverains du boulevard Mzee Laurent-Désiré Kabila.
L'infirmerie de la prison reste sous-équipée et ne dispose que d'un nombre limité de médicaments et de matériel médical. La majorité des détenus atteints de tuberculose présentent déjà un état de santé fragilisé par la malnutrition, le stress et les conditions de détention dégradées.
Des recommandations pour limiter la propagation
À l'issue du dépistage effectué la semaine dernière, la coordination provinciale de lutte contre la tuberculose recommande l'organisation d'un dépistage massif et systématique des détenus ainsi que du personnel pénitentiaire. Elle préconise également l'isolement immédiat des cas confirmés afin de limiter la propagation de la maladie.
La situation de la prison centrale de Mbuji-Mayi illustre une nouvelle fois les difficultés auxquelles fait face le système pénitentiaire, confronté à une surpopulation chronique et à des conditions de détention qui compliquent la prise en charge sanitaire des détenus.