Un mois après l'effondrement de la décharge de Dar-es-Salaam, à Conakry, qui a fait 36 morts, et le déguerpissement du quartier qui a suivi, le gouvernement organise le départ des près de 2 000 sinistrés hébergés dans des écoles. Chaque chef de famille reçoit 21 millions de francs guinéens pour louer un nouveau logement. Mais les autorités ne se sont pas exprimées sur l'indemnisation éventuelle des propriétaires de biens détruits, ce qui suscite leur inquiétude.
La rentrée des classes étant prévue lundi 5 octobre, l'État doit donc libérer ces établissements transformés en centres d'hébergement d'urgence. Pour permettre aux sinistrés de louer un nouveau logement, le gouvernement octroie donc 21 millions de francs guinéens (2 100 euros) à chaque chef de famille. L'Agence nationale de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires (Anguch) a distribué la première tranche de cette aide au relogement ; la seconde le sera la semaine suivante.
Son directeur, Lancei Touré, dresse un bilan positif de l'accueil des sinistrés dans les hébergements d'urgence, avec notamment un suivi médical de qualité. Un constat partagé par les victimes, scrupuleusement recensées par les autorités durant cette période selon lui : « Un travail rigoureux d'enregistrement a été mené. Nos équipes ont travaillé main dans la main avec les services de l'assainissement du ministère de l'Habitat. Et d'ailleurs, le ministère de l'Habitat a attribué un code à chaque concession. Et l'Anguch a procédé à l'enregistrement des propriétaires et des locataires de tous les bâtiments démolis. » C'est sur la base de ce recensement que les autorités distribuent l'aide au relogement.
Inquiétude des propriétaires
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Néanmoins, le silence du gouvernement sur l'éventuelle indemnisation des propriétés détruites inquiète Mouctar Bah, initiateur du collectif « Dar-es-Salaam n'est pas une poubelle », qui représente des habitants du quartier. Comme une centaine de familles, il a vu sa propre concession détruite :
« Parmi les victimes, on a dit que chaque père de famille aura 21 millions. Il n'est pas précisé s'il s'agit d'un concessionnaire ou d'un locataire. C'est là que le bât blesse. C'est la principale inquiétude, parce qu'on ne peut pas indemniser un locataire avec le même montant que pour un concessionnaire. Ce serait en tout cas une injustice envers les concessionnaires. »
Autre préoccupation : les déplacés auront-ils le temps de trouver un nouveau logement et d'inscrire leurs enfants à l'école d'ici à la rentrée du 5 octobre ?