Congo-Kinshasa: Amnesty International lance une campagne pour lutter contre l'impunité

En République démocratique du Congo, Amnesty International lance, jeudi 1er octobre, une campagne contre l'impunité, intitulée « Six millions de voix pour la justice au Congo ». Elle vise à sensibiliser le public, par le biais d'une pétition, mais aussi les responsables politiques, les diplomates et les représentants onusiens, afin de mettre en place des mécanismes judiciaires pour juger les exactions commises ces 30 dernières années, principalement dans l'est du pays.

Six millions : c'est le nombre de victimes des différents conflits dans l'est de la RDC depuis 30 ans retenu par Amnesty International. Un des responsables de la campagne explique néanmoins que ce chiffre est avant tout symbolique, car il n'existe pas officiellement de bilan. Ce qui compte, selon l'organisation, c'est qu'un mort d'un conflit est toujours un mort de trop.

Six millions de voix, c'est aussi le nombre de signatures attendues pour la pétition. Elle réclame la mise en place de mécanismes internationalisés, c'est-à-dire capables de juger au Congo les crimes internationaux.

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La campagne comprend un volet en ligne, mais aussi un travail de lobbying : rencontres avec des ministres, des diplomates, des responsables politiques et judiciaires... Ce travail a déjà commencé et des actions doivent avoir lieu pour sensibiliser le public. La première se tient ce 1er octobre au soir : une nuit des bougies, organisée par des défenseurs des droits humains à l'échangeur de Limete, à Kinshasa.

Amnesty dit sentir en RDC une volonté politique d'évoquer ces sujets. Pour preuve, selon l'organisation, deux projets de loi de justice transitionnelle ont été présentés au gouvernement. L'ONG aimerait désormais les voir inscrits à l'ordre du jour de la session parlementaire, ouverte le 15 septembre.

Le premier prévoit la création d'une cour spéciale pour enquêter sur les exactions contenues dans le rapport Mapping, publié en 2010 par l'ONU, qui recense les crimes les plus graves commis en RDC entre 1993 et 2003. Le second est celui d'une institution plus pérenne : l'installation de chambres mixtes au sein des cours d'appel, qui pourraient prendre en charge l'ensemble des violations commises de 2003 à nos jours.

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