Nouvel épisode dans la saga Castel. Vendredi 2 octobre dans la matinée, la Haute cour de Singapour, où est enregistrée une holding du groupe, a donné raison à Romy Castel, fille unique du fondateur Pierre Castel, en validant son droit de vote, qui était contesté. Cette décision, à effet immédiat, lui permet de devenir majoritaire au sein d'IBBM, présentée comme la holding de tête du géant bordelais des vins et spiritueux très implanté en Afrique. Mais la direction opérationnelle du groupe reste, pour l'heure, entre les mains de Grégory Clerc.
Une partie des héritiers du géant bordelais des vins et spiritueux Castel, au premier rang desquels Romy Castel, fille unique du fondateur Pierre Castel, est en conflit ouvert avec l'actuel dirigeant du groupe, Grégory Clerc. Ce vendredi 2 octobre, la Haute cour de Singapour, où est enregistrée une holding du groupe, a décidé de donner raison au recours de Romy Castel : son droit de vote, qui était contesté, est bien valide.
« Cette décision consacre la volonté exprimée par les actionnaires », s'est félicitée Romy Castel à l'issue de l'audience. Cette décision, qui a un effet immédiat, lui permet de devenir majoritaire au sein d'IBBM, présentée comme la holding de tête de l'empire Castel. Elle peut désormais acter la révocation de Grégory Clerc de la société de gestion IBBM.
Romy Castel et son oncle Alain Castel espèrent, grâce à cette première victoire, une remise en cause en cascade de l'ensemble des mandats de Grégory Clerc dans les différentes entités du groupe.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Une bataille lancée il y a près d'un an
L'architecture de l'entreprise est complexe, et Romy Castel n'est pas pour autant la grande patronne de l'empire des vins et bières très implanté en Afrique. La direction opérationnelle des activités Castel est également détenue par deux autres holdings, DF Holding et Cassiopée, qui sont toujours dirigées par Grégory Clerc. Dans un communiqué, les conseils d'administration de ces entités ont réaffirmé aujourd'hui « leur confiance en Grégory Clerc pour poursuivre sereinement sa mission de Directeur général du groupe Castel ».
La suite est désormais entre les mains des trustees, des sociétés de gestion indépendantes et professionnelles. Ce sont elles qui ont le pouvoir de changer la direction opérationnelle de l'entreprise.
Romy Castel a lancé cette bataille il y a près d'un an. Elle dénonce une « captation du pouvoir » de l'actuel dirigeant et dit vouloir rétablir une « nouvelle gouvernance ». Grégory Clerc assure, lui, respecter la volonté de Pierre Castel, le père fondateur, qui l'a porté à la direction en octobre 2023, avec notamment pour mission de « renforcer durablement la performance du groupe ».
Cette crise secoue Castel alors que l'entreprise est sous pression : elle fait l'objet d'une enquête du parquet national financier français. En jeu, un redressement fiscal pouvant atteindre un milliard d'euros.