Ile Maurice: Rs 3 millions au coeur de lourdes allégations

Une somme de Rs 3 millions se retrouve au coeur d'un affidavit déposé devant la Cour suprême le 28 septembre par un ancien policier affecté à la Special Support Unit (SSU). Dans ce document assermenté, le constable formule de graves allégations concernant les conditions dans lesquelles une opération antidrogue menée en juillet 2024 aurait été conduite. Ses accusations visent notamment l'ex-Assistant Surintendant de Police (ASP) Rajcoomar Seewoo, qui était alors responsable de la Special Intelligence Cell (SIC) de la SSU.

L'opération portait sur l'interception d'une cargaison présumée de cannabis qui aurait été transportée depuis La Réunion à bord d'un speedboat. Affecté à la SIC au moment des faits, l'ancien policier affirme avoir participé à plusieurs étapes de l'opération, notamment aux opérations de surveillance, d'interception et aux arrestations qui ont suivi.

Dans son affidavit, il relate les circonstances dans lesquelles plusieurs suspects auraient été appréhendés et des sacs contenant ce qui était présenté comme du cannabis auraient été saisis. Mais son récit va au-delà du déroulement de l'opération. Il avance que certains éléments du dossier auraient été manipulés et que des instructions auraient été données pour modifier ou créer des éléments de preuve susceptibles de renforcer les accusations contre certaines personnes arrêtées.

L'une des affirmations les plus lourdes concerne les frères Bantoo. Le policier affirme avoir appris, environ deux semaines après l'opération, qu'ils auraient pu obtenir leur libération en contrepartie du versement de Rs 3 millions. Selon son affidavit, cette somme aurait ensuite été remise, le jour même, à l'ex-ASP Seewoo. L'ancien policier évoque également des anomalies présumées dans la consignation des événements.

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Il affirme notamment que le registre d'occurrence d'un poste de police aurait été modifié à deux reprises. Il soutient, par ailleurs, qu'aucun AirTag ou dispositif GPS n'aurait finalement été saisi, contrairement à ce qui aurait été avancé dans le cadre de l'enquête.

Près de deux ans après les faits

Le constable explique avoir attendu près de deux ans avant de livrer son récit. Il affirme avoir gardé le silence par crainte de représailles, invoquant l'influence que certains responsables impliqués dans le dossier auraient pu exercer.

Son affidavit décrit également les déplacements des différentes équipes mobilisées, les changements entre policiers ainsi que les décisions prises après l'interception de la cargaison.

Le document place néanmoins les Rs 3 millions allégués au centre d'une série de questions sur cette opération antidrogue de juillet 2024 et sur la manière dont certains éléments du dossier auraient été constitués.

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