Congo-Kinshasa: Des leaders communautaires appellent à relancer le dialogue autour de l'accord d'Aru 2 en Ituri

Des leaders communautaires de l'Ituri appellent le gouvernement provincial et les responsables des groupes armés à se réunir pour évaluer la mise en oeuvre de l'accord de paix d'Aru 2. Dans une déclaration publiée le week-end, ils estiment que le non-respect des engagements pris par les parties contribue à la reprise des violences dans le territoire de Djugu.

Signé en juin 2025 à Aru, l'accord d'Aru 2 prévoit notamment la cessation des attaques contre les civils et les positions des FARDC, l'interdiction pour les groupes armés de circuler avec leurs armes ainsi que leur adhésion au processus de désarmement.

Les leaders communautaires souhaitent aujourd'hui une rencontre entre les différentes parties afin d'évaluer le niveau d'exécution de ces engagements, d'identifier les difficultés et de déterminer les responsabilités dans les manquements constatés.

Pour Claude Mateso, l'un des leaders communautaires, les groupes armés auraient dû bénéficier d'un accompagnement et d'un suivi plus étroits dans le cadre du processus de paix.

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« Les groupes armés, ils devaient être accompagnés, ils devaient être suivis à la ligne pour qu'on ne puisse pas atterrir au dérapage », estime-t-il.

Les leaders communautaires plaident ainsi pour la reprise du dialogue et l'accélération du processus de paix, alors que des zones de l'Ituri restent confrontées à l'activisme de groupes armés. En mars 2026, la société civile provinciale avait déjà appelé à accélérer le désarmement des miliciens et à renforcer le suivi de l'accord d'Aru 2.

La CRP réclamée dans le processus

Ces acteurs communautaires demandent également un processus de paix plus inclusif, avec l'implication de la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par Thomas Lubanga, qui poursuit ses activités armées dans certaines zones de l'Ituri.

Jean-Claude Ngajole estime notamment que le fonctionnement du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S) constitue également un défi pour la mise en oeuvre de l'accord.

« Le PDDRC-S ne fonctionne même pas, on dirait, sur le terrain. Ça, c'est aussi un défi qui a fait tomber l'accord d'Aru 2 », affirme-t-il.

La CRP n'avait pas participé aux discussions ayant abouti à l'accord d'Aru 2. Des groupes armés signataires, notamment MAPI et Zaïre, ont par la suite rejoint cette structure, qui n'est pas signataire de l'accord.

Les leaders communautaires souhaitent une reprise des discussions afin d'évaluer les engagements pris, d'élargir la participation au processus de paix et de relancer les efforts de désarmement en Ituri.

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