Maroc: Evacuation du dernier grand campement de plage à Sebta - Madrid gère l'urgence qu'elle a laissée s'installer

Un soldat espagnol observe des personnes qui nagent en direction d'une plage de Ceuta. (Illustration)

Une opération d'évacuation a été lancée dimanche 4 octobre au matin sur la plage de Trampolín, à Sebta, et se poursuivait lundi. Le campement de migrants, le plus vaste du préside occupé, s'était formé après les entrées massives du mois de juillet. Les autorités locales y comptaient environ 3 000 occupants, abrités sous des bâches et des planches. Parmi eux, de nombreux Marocains. Beaucoup ont choisi de rentrer.

Selon El País, une cinquantaine de fourgonnettes, trois véhicules antiémeute et une douzaine de véhicules militaires ont bloqué l'accès au site dès 8h. Le campement a été divisé en secteurs, vidé groupe après groupe, pendant une douzaine d'heures. Plusieurs migrants ont tenté de s'échapper à la nage. Plus de 350 policiers, dont huit groupes d'unités d'intervention, ont été mobilisés, avec le concours de la Garde civile, de la police locale et du commandement militaire de la ville.

Un tel déploiement contraste avec la modestie des moyens d'accueil. Le centre de Loma Colmenar disposerait de 300 à 400 places après l'extension de ses tentes, pour un campement de plus de trois mille personnes. Europa Press le dit sans détour : la capacité limitée des structures a empêché de vider les lieux d'un seul tenant. L'opération a été lancée avant que les solutions d'hébergement existent.

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Conduits en autocar vers la zone d'El Tarajal, les migrants se sont vu proposer deux voies. Rester au Centre d'accueil temporaire des étrangers, le CATE, pour y être identifiés puis orientés vers des structures publiques. Ou regagner le Maroc sans être enregistrés. Selon El País, se faire enregistrer ouvre une procédure qui aboutit « presque certainement » à une expulsion. Le choix de beaucoup s'explique sans peine.

Les chiffres des retours varient et aucun n'est officiel. Environ 700 personnes ont été évacuées lors de cette première phase. La Cadena SER, citant des sources liées à l'opération, évoque au moins 400 retours volontaires, alors qu'El País en comptait près de 600 en milieu d'après-midi. Citée par Europa Press, une source policière parle d'un nombre « important » sans le chiffrer. Ni la Police nationale ni le gouvernement espagnol n'avaient publié de bilan définitif. Des retours avaient déjà eu lieu quelques jours plus tôt sur la plage voisine de Benítez : plus de 150 personnes, selon l'agence EFE, y avaient préféré rentrer plutôt que de se soumettre à l'identification.

Lundi, la police locale a continué de boucler l'accès à la plage et d'interdire la circulation dans le secteur. Selon El Faro de Ceuta, le démantèlement se poursuit de Trampolín jusqu'à Loma Colmenar. Le quotidien local rapporte que de nombreux migrants ont fui vers les montagnes en voyant le déploiement, pour échapper à l'identification et aux centres. Ces hauteurs ne sont pas un abri durable, et personne ne dit combien de personnes s'y trouvent.

Les mineurs ont été conduits au commissariat pour être enregistrés puis placés en centres d'accueil.

D'autres opérations sont annoncées jusqu'au démantèlement complet du site, dernier campement de plage du préside occupé après celui de Benítez. Les autorités disent préparer des capacités supplémentaires, dont un site à Cabrerizas et un autre aux abords de la prison de Fuerte Mendizábal. Pour l'heure, aucun chiffre officiel ne dit combien de personnes ont quitté le camp, combien sont rentrées au Maroc, combien se cachent, combien seront hébergées.

Cet enchaînement rappelle une réalité que les opérations de police ne règlent pas. Un campement de 3000 personnes s'est installé dans un territoire que l'Espagne occupe et administre, et ses autorités n'ont, au terme de deux jours, ni solution d'accueil à la hauteur, ni bilan à présenter. Les migrants qui rentrent, eux, n'ont pas attendu la réponse.

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