Dakar — Le ministère de l'Énergie et du Pétrole a organisé mardi à Dakar une table ronde des partenaires pour l'accès universel à l'électricité, destinée à accélérer la mise en oeuvre des engagements en faveur de l'électrification des dernières localités.
La rencontre, portant sur le thème "Accélérer l'accès universel à l'électricité au Sénégal: des engagements aux résultats", visait aussi à mobiliser les partenaires autour des besoins restants et à renforcer le suivi des actions devant conduire à l'accès universel à l'électricité à l'horizon 2029.
Elle a été coprésidée par le ministre de l'Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, et son collègue de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba.
La table ronde doit permettre de mobiliser les financements correspondant aux besoins non couverts, de renforcer la contribution du secteur privé et de convenir d'un cadre de suivi des engagements et des jalons jusqu'en 2029.
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Elle doit également déboucher sur une feuille de route 2026-2029, un suivi opérationnel des projets et un cadre plus favorable à l'investissement privé.
"Si nous sommes réunis pour officialiser certains financements, nous le sommes également pour recueillir d'autres intentions susceptibles de se concrétiser, assorties de jalons précis, afin d'électrifier les localités qui restent à couvrir d'ici 2029", a expliqué Cheikh Diba.
Pour le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, "la recherche de nouvelles ressources doit être conditionnée à la performance dans la gestion des financements en cours".
Il a invité à mobiliser les reliquats de financements, à accélérer les décaissements et à lever les obstacles qui retardent l'exécution des projets, appelant à "privilégier les dons, les prêts hautement concessionnels et les financements mixtes".
Selon M. Diba, les nouveaux financements doivent rester compatibles avec la soutenabilité de la dette et être orientés vers des projets à forte rentabilité économique et sociale.
"Nous voulons inverser cette tendance", a-t-il indiqué, après avoir relevé que plus de la moitié des financements signés dans le secteur depuis 2018, provient de banques commerciales.
Il a également insisté sur une plus grande implication du secteur privé, particulièrement des entreprises sénégalaises, dans les concessions d'électrification rurale, les mini-réseaux et les systèmes solaires individuels.
"Le Sénégal dispose du cadre juridique et des outils nécessaires pour permettre au secteur privé de prendre davantage part au financement, à la réalisation et à l'exploitation des infrastructures énergétiques", a relevé Cheikh Diba.
Il a toutefois appelé à encadrer ces montages par une évaluation préalable et un partage équilibré des risques.
"Nous pourrons explorer les instruments de garantie et de partage de risque de nos partenaires pour rendre ces montages bancables, sans reporter sur l'État des engagements qu'il ne pourrait pas tenir", a-t-il précisé.
"Avec la Stratégie d'achèvement de l'accès universel à l'électricité, adoptée par le gouvernement, nous disposons désormais d'une feuille de route claire", a indiqué El hadji Abdourahmane Diouf.
Cette stratégie vise à identifier les solutions et les investissements nécessaires pour couvrir les dernières localités, après l'achèvement des projets actuellement en cours.
Leur réalisation doit permettre de porter le taux de couverture à près de 95 % en 2027, a-t-il dit.
La table ronde doit ainsi permettre de renforcer le partenariat entre l'État, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé, afin de traduire les engagements pris en réalisations concrètes et de contribuer à l'atteinte de l'accès universel à l'électricité en 2029.