Congo-Brazzaville: Cémac - Maîtriser la gestion des risques de crédit

Le secrétaire général de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) a organisé, le 6 septembre, à Brazzaville sa première réunion avec les responsables des fonctions Finance, Comptabilité et Engagements des établissements de crédit de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac) pour débattre de la maîtrise des risques dans les établissements de crédit.

Les travaux ont été présidés par la secrétaire générale adjointe de la Cobac, Patricia Danielle Manon, en présence de nombreux responsables du secteur. Une centaine de responsables des fonctions Finance, Comptabilité et Engagements au sein des établissements de crédit de tous les Etats de la Cémac a pris part à cette rencontre.

Deux thématiques y ont été développées pour mieux édifier ces experts banquiers. Le premier panel, intitulé « Les diligences relatives à la gestion du risque de crédit et les règles en matière de classification, de comptabilisation et de provisionnement des créances douteuses des établissements de crédit », animé par l'expert Cédric Mba-Obiang, a permis de rafraîchir la mémoire des participants sur la maîtrise du risque du crédit.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Il a fait savoir que ce terme sous-entend la gestion rigoureuse de l'ensemble du cycle de vie du crédit, depuis son octroi jusqu'à son recouvrement ou sa radiation. Dans le fond, l'orateur s'est inquiété des anomalies qui surviennent souvent dans la classification, la comptabilisation, le provisionnement des créances, la gestion des garanties et sûretés ainsi que les insuffisances liées à la mise en oeuvre adéquate des diligences en matière de gouvernance et de procédures.

Développant le second thème intitulé « La mise en oeuvre de la réglementation en matière de gestion et de suivi du risque de crédit : difficultés rencontrées par les établissements de crédit », la directrice du crédit et du recouvrement de BGFI-Bank Congo, Hélène Efouté Nyamsi, a mis en exergue de nombreuses contraintes opérationnelles auxquelles font face les établissements de crédit.

Celles-ci concernent, entre autres, a-t-il indiqué, la prise en compte prudentielle de certaines sûretés et règles concernant le traitement des créances restructurées, la correcte application des mécanismes de contagion au sein des groupes de contreparties, ainsi que la nécessité d'améliorer la fiabilité du système d'information.

A cet effet, elle a suggéré dans ce cadre l'instauration d'une éligibilité transitoire des garanties immobilières sur la base d'attestations notariales. Le but étant de prendre en ligne de compte des délais d'enregistrement foncier, l'assouplissement des conditions applicables aux restructurations de créances viables, en ce qui concerne les PME.

Saluant la tenue de cette rencontre, la secrétaire générale adjointe de la Cobac a souligné que celle-ci a permis aux experts banquiers la maîtrise de la gestion du risque de crédit. « La rencontre de ce jour est consacrée aux diligences de gestion du risque de crédit : la maîtrise du risque commence bien avant l'impayé. Elle repose sur une analyse initiale robuste, une décision prise dans le respect des délégations, une documentation complète et fiable, une surveillance continue et une réaction rapide à tout signe de dégradation. La classification, la comptabilisation et le provisionnement ne constituent pas des opérations isolées de fin de période. Bien au contraire, ils sont l'aboutissement d'un processus permanent et rigoureux d'appréciation et de gestion du risque de crédit », a précisé Patricia Danielle Manon.

Par ailleurs, elle a exhorté les établissements de crédit à procéder à une revue ciblée de son dispositif de gestion du risque de crédit. Celle-ci devra apprécier en amont le dispositif d'octroi de crédit et en aval la qualité des données, la correcte application des critères de classification, l'adéquation des provisions, le suivi des restructurations et des garanties, l'efficacité des alertes et la régularité des rapprochements et la qualité des reportings.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.