La commune de Korhogo a accueilli, mardi 6 octobre 2026, une conférence-débats consacrée aux perspectives de développement des territoires. Décideurs publics, collectivités, investisseurs, experts et opérateurs économiques ont échangé sur les leviers capables de renforcer l'attractivité du Poro et de favoriser l'émergence de projets structurants.
« Un territoire qui ne se projette pas subit son avenir. » C'est par cette formule que le préfet de la région du Poro, Karim Diarrassouba, a résumé l'enjeu de la rencontre « Territoires & Avenir », organisée mardi à Korhogo.
Pilotée par l'entreprise marocaine One Africa Forums, en collaboration avec la structure immobilière SHM, l'initiative est soutenue par les ministères du Plan et du Développement et de l'Intérieur et de la Sécurité. Elle se veut un espace de dialogue entre pouvoirs publics, collectivités territoriales, acteurs techniques, investisseurs, opérateurs économiques et experts.
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Parmi les participants figuraient notamment l'ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d'Ivoire, Othman El Ferdaous, le conseiller du président de la République chargé des Infrastructures, Dr Siélé Silué, le préfet de région, Karim Diarrassouba, le premier vice-président du Conseil régional du Poro, Salimou Coulibaly, la troisième adjointe au maire de Korhogo, Dr Sara Farah, ainsi que des responsables administratifs et économiques de la région.
Anticiper les transformations du territoire
Pour Hind Sigui, directrice générale de One Africa Forums, la rencontre de Korhogo s'inscrit dans les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030, notamment en matière de développement territorial équilibré.
« Territoires & Avenir » entend ainsi aller au plus près des régions afin de favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes et faire émerger des projets structurants. L'approche repose sur trois axes : l'attractivité territoriale, le développement des pôles urbains et le logement.
Selon les organisateurs, cette démarche s'appuie sur neuf pôles économiques régionaux et sur le renforcement de la décentralisation, avec pour ambition de stimuler la croissance, de réduire les disparités entre territoires et d'améliorer durablement les conditions de vie des populations.
« Notre rôle, c'est de réunir ces acteurs et de les accompagner à échanger et à structurer une réflexion ensemble », a expliqué Hind Sigui. Elle a également insisté sur la nécessité d'identifier les projets susceptibles d'être financés et d'aider les collectivités à mieux attirer les investisseurs.
Le potentiel du Poro mis en avant
Le préfet de région a saisi cette rencontre pour présenter les atouts économiques du Poro. Une région où l'agriculture occupe une place importante avec la mangue, l'anacarde, le coton et les cultures vivrières.
Karim Diarrassouba a également relevé les transformations intervenues ces dernières années grâce aux investissements réalisés dans les infrastructures routières, sanitaires, éducatives et sportives.
Pour Habib Mbengue, expert en économie africaine, le défi consiste désormais à anticiper les besoins des territoires sur les dix à quinze prochaines années. Les régions disposent, selon lui, de nombreuses potentialités, mais celles-ci doivent être mieux structurées afin de développer le tissu économique et les chaînes de valeur.
Dans cette perspective, il considère le logement et les infrastructures comme des leviers importants de l'attractivité régionale.
Le Maroc veut accompagner la dynamique
L'ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d'Ivoire, Othman El Ferdaous, a pour sa part salué les orientations du PND 2026-2030 et la volonté, selon lui, de construire une véritable « colonne vertébrale » du développement à travers le pays.
Sa visite dans le nord de la Côte d'Ivoire vise notamment à mieux comprendre les dynamiques liées aux infrastructures de transport et de logistique, mais aussi les possibilités de coopération économique.
Le diplomate marocain s'est dit particulièrement impressionné par le potentiel agro-industriel du Poro. Il a cité l'exemple de Napié, où cinq usines seraient déjà implantées et quatre autres en projet, dont huit sur les neuf seraient liées à l'agro-industrie.
« Aujourd'hui, avec la stratégie du président Alassane Ouattara, on veut garder les emplois ici, on veut développer ces territoires ici. C'est le sens de ma visite à Korhogo », a-t-il déclaré.
Othman El Ferdaous entend faire connaître ces opportunités aux acteurs de l'agro-industrie, aux financeurs et aux opérateurs économiques marocains, afin de susciter davantage d'investissements dans le nord de la Côte d'Ivoire.
La rencontre de Korhogo apparaît ainsi comme une étape du cycle « Territoires & Avenir », avec l'ambition de rapprocher les territoires des investisseurs et de transformer leurs potentialités en projets structurants.