En Centrafrique, les prix du carburant à la pompe augmentent de nouveau. Le litre d'essence passe de 1 050 à 1 150 francs CFA, celui du gasoil de 1 250 à 1 400 francs. Le gouvernement dit vouloir faire face à la crise du carburant et renflouer les caisses de l'État, dans un contexte de difficultés de trésorerie. Une semaine après, la hausse se répercute déjà sur les tarifs des transports et le prix des marchandises. L'opposition, la société civile et les centrales syndicales dénoncent la mesure, que le président Faustin-Archange Touadéra défend.
Une semaine après la hausse, de nombreuses voix continuent de réclamer une révision de cette décision. Le président Faustin-Archange Touadéra, lui, explique les raisons qui ont conduit le gouvernement à augmenter les prix à la pompe : « Nous ne produisons pas de pétrole. Nous avons des marketeurs qui achètent le pétrole sur le marché international et là-bas, les prix augmentent. Cette situation fait que le gouvernement est obligé de subventionner. Sur un litre de carburant à 1 250, l'État doit payer au moins 350 francs par litre pour compléter. Puisque le prix sur le marché est élevé, nous ne pouvons plus continuer à subventionner. »
L'opposition dénonce une hausse « moralement abjecte »
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Pour l'opposition, cette hausse risque d'aggraver les difficultés des Centrafricains, déjà confrontés à des conditions de vie difficiles. Selon Crépin Mboli-Goumba, coordonnateur du BRDC, plateforme qui regroupe les principaux partis d'opposition, le gouvernement ne se soucie pas de la population : « Cette énième augmentation est moralement abjecte et indéfendable. Elle est socialement catastrophique et économiquement désastreuse. Nous avons quand même le carburant le plus cher de toute la zone franc, pas que de la CEMAC [Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, NDLR], avec l'économie la plus faible, et il va y avoir des conséquences graves sur le plan social. »
Le collectif des centrales syndicales de la République centrafricaine dénonce lui aussi fermement la nouvelle hausse. Il appelle le gouvernement à privilégier la concertation et le dialogue afin de trouver rapidement une solution appropriée.