Tunisie: Diplômés chômeurs - L'État accélère les recrutements

8 Octobre 2026

Le Président Kaïs Saïed a toujours fait du dossier de l'emploi son cheval de bataille. Il ne cesse, à ce propos, de multiplier les directives et les réunions autour de la création de mécanismes capables de répondre aux attentes des chômeurs.

À ce titre, la loi n° 2025-18 du 22 décembre 2025, portée par le Chef de l'État, relative aux dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l'enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée, prévoit un recrutement exceptionnel, sur dossier et par tranches sur trois ans maximum, dans le secteur public et la fonction publique, sous la supervision du ministère de l'Emploi.

Et c'est toujours dans le cadre du suivi de cette loi que le Chef de l'État a reçu, au début de cette semaine au Palais de Carthage la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre de l'Emploi, Riadh Chaouad.

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En point de mire, les étapes déjà franchies dans l'application de la loi n° 18 de 2025. Car derrière ce texte, ce sont des milliers de diplômés qui attendent d'être embauchés depuis des années. Kaïs Saïed en a profité pour marteler qu'il y a des attentes qui usent plus que d'autres, celles d'un diplômé qui a rangé son diplôme dans un tiroir, qui a envoyé des dossiers sans réponse, puis qui a cessé de compter les années. Une situation insoutenable que l'État est appelé à résoudre en toute urgence.

Certes, il serait injuste de soutenir qu'il n'y a pas eu d'avancement à ce niveau. Ces derniers mois, les concours dans le secteur public ont repris leur cours dans plusieurs ministères, notamment ceux de la Santé, l'Éducation, le Transport et la sécurité.

Ce n'est là que le début, mais l'essentiel est de garder le cap et de renforcer le partenariat public-privé pour recruter davantage ceux qui ont été longtemps privés de travail.

Aux racines du mal

Bien évidemment, la situation actuelle résulte d'un cumul de causes. Parmi les principales, il y a lieu de citer les recrutements fondés sur des diplômes falsifiés ou des qualifications inexistantes, et un système où le seul «diplôme» qui comptait était l'appartenance à tel ou tel parti, souligne le Chef de l'Etat.

Pour Kaïs Saïed, le chômeur d'aujourd'hui n'a pas choisi sa situation, il la subit à cause de pratiques notoires et de privilèges injustifiés, qui ont aussi conduit à la dilapidation des deniers publics. C'est frustrant à plus d'un titre, puisque ceux qui avaient droit à un poste en ont été privés au profit de ceux qui ne le méritaient pas.

Il va sans dire que la Constitution de 2022, portée par le Président de la République, consacre le travail comme un droit pour chaque citoyen et fait de la compétence et de l'équité les critères de son accès. Le Président y revient d'ailleurs sans cesse, et insiste sur les entreprises communautaires pour offrir une autre voie aux jeunes sans emploi.

Repenser l'accès à l'emploi

Mais il est une autre réalité qu'il faut également rappeler. Pendant longtemps, faire des études semblait suffire pour trouver un emploi stable. Ce n'est plus aussi vrai aujourd'hui. Les diplômés sont bien plus nombreux, les employeurs recherchent d'autres profils et le marché du travail est devenu plus incertain. Résultat, même avec un diplôme élevé, décrocher un emploi n'est plus garanti.

Face à ce constat, plusieurs pistes se dessinent. Il s'agit d'abord de rapprocher la formation des besoins réels du marché, en misant sur des filières plus professionnalisantes et sur la reconversion des diplômés les plus éloignés de l'emploi. Il faut aussi renforcer le partenariat public-privé afin que le recrutement ne repose pas uniquement sur la fonction publique et encourager les entreprises communautaires, qui offrent une autre voie aux jeunes porteurs de projets.

Enfin, la transparence des concours et le respect du mérite restent la condition pour que chacun retrouve confiance dans l'accès à l'emploi.

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