Congo-Brazzaville: Exploitation artisanale des mines - Des étudiants de l'UDSN sensibilisés aux risques

Le directeur de la petite mine et de l'artisanat minier, Ghynel Reagan Frydarius Kounkou, a développé lors de la troisième édition des journées scientifiques de l'Université-Denis-Sassou-N'Guesso (UDSN), à Kintelé, une communication portant sur l'analyse préliminaire des risques de l'exploitation artisanale et de la petite mine d'or dans le district de Kingoué, dans le département de la Bouenza.

Devant un auditoire composé en majorité des étudiants de l'Ecole des mines, de l'hydraulique et de l'énergie de l'UDSN, l'orateur a démontré que l'exploitation minière artisanale et de petite mine est une activité de type informel utilisant des techniques et des outils rudimentaires. Elle contribue, de ce fait, à la dégradation de l'environnement. « Les travaux jusque-là menés au Congo n'ont pu ressortir que l'état de dégradation physique du milieu alors que les impacts chimiques peuvent s'avérer plus néfastes », a précisé Ghynel Reagan Frydarius Kounkou.

Parlant des pratiques et des impacts de l'exploitation minière artisanale et petite mine d'or dans le district de Kingoué, il a rappelé que les sites miniers de cette sous-préfecture présentent plusieurs caractéristiques qui les différencient les uns des autres.

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Le directeur de la petite mine et de l'artisanat minier au ministère des Industries minières et de la Géologie a également noté quelques suppositions sur l'utilisation du mercure à Kingoué sans aucune certitude. « Il existe des méthodes et techniques d'exploitation durable. Il ressort de cette étude que le district de Kingoué compte plus de 17 sites d'exploitation de l'or dont 88% artisanaux et 12% de la petite mine. 80 % de sites sont alluvionnaires contre 20% des sites éluvionnaires ; sur les 29,40% sites étudiés, 90 % congolaise contre 10% étrangère ; 60 % des sites utilisent le mercure dans la récupération de l'or », a révélé Ghynel Reagan Frydarius Kounkou.

Selon lui, les outils utilisés sont rudimentaires pour l'exploitation artisanale et semi-mécanisés pour la petite mine ; les impacts observés sur les sites sont plus significatifs sur le site de la petite mine (58,33 %) par rapport aux sites artisanaux (23,8%).

Face à cette situation, l'orateur propose une gestion durable de l'exploitation minière et artisanale de la petite mine. En effet, il a abouti à la conclusion selon laquelle cette exploitation contribue fortement à la dégradation de l'environnement mais elle génère des revenus importants. Elle constitue donc, a-t-il poursuivi, une opportunité pour le développement local, à condition qu'elle soit structurée et encadrée à travers le processus de formalisation.

« La mise en oeuvre de ce processus de formalisation nécessite des moyens techniques, logistiques et financiers suffisants et disponibles. Il faut la formaliser maintenant afin de maîtriser la production, de l'introduire dans le circuit de commercialisation formelle, d'améliorer les recettes de l'Etat et de réduire ses effets néfastes sur l'environnement à travers la promotion des bonnes pratiques, respectueuses de l'environnement », a souligné le directeur de la petite mine et de l'artisanat minier.

En perspectives, Ghynel Reagan Frydarius Kounkou pense qu'il faille évaluer la pollution des eaux et des sols en mercure ; réaliser une étude sur les hydro-systèmes dans ce district afin de connaître le fonctionnement des cours d'eau de la zone, ainsi qu'une cartographie détaillée, en utilisant la télédétection. Le but étant d'évaluer la dégradation et la déforestation des écosystèmes.

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