La « licorne » égyptienne de la fintech MNT-Halan s'apprête à introduire 20 % de ses actions à la Bourse égyptienne.
Fondée en 2018, la société a été valorisée à 1,4 milliard de dollars à l'issue de sa dernière levée de fonds en juin. Cette introduction en bourse (IPO) devrait être finalisée ce mois-ci, sous réserve des conditions du marché et des autorisations réglementaires.
MNT-Halan prévoit de proposer 320 millions d'actions ordinaires, soit un cinquième de son capital social émis. Cette opération se fera à la fois par le biais d'une offre publique en Égypte et d'un placement privé auprès d'investisseurs institutionnels. La société sollicitera également l'autorisation de vendre environ 24,3 millions d'actions à des cadres supérieurs. Son modèle économique s'est largement construit grâce à des capitaux privés, au financement par emprunt et à son expansion dans les services financiers destinés aux consommateurs et aux entreprises mal desservis, notamment par le biais d'acquisitions au Pakistan et en Turquie.
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Depuis sa création, MNT-Halan a octroyé environ 178 milliards de livres égyptiennes, soit 6,1 milliards de dollars, sous forme de prêts. À la fin du mois de juin, la société comptait environ 1,9 million de clients actifs. Son encours brut de prêts s'élevait à 46,7 milliards de livres égyptiennes au cours de la même période.
Cette introduction en bourse offre aux investisseurs du marché public une exposition au marché égyptien en pleine croissance de la finance numérique et à une entreprise de fintech qui étend sa présence dans le secteur des services financiers à l'échelle régionale. Pour MNT-Halan, cette cotation permet un accès plus large aux capitaux et offre une source de liquidité aux actionnaires existants. Pour l'Égypte, cela ajoute une entreprise technologique à forte croissance au marché boursier, dans le but d'attirer davantage d'investissements et de renforcer les marchés de capitaux du pays. Cette initiative pourrait également constituer un test important sur le marché boursier pour l'évaluation des entreprises fintech africaines issues du secteur privé.
Mounir Nakhla, directeur général de MNT-Halan, a souligné les progrès de l'économie et des marchés de capitaux égyptiens, qui ont renforcé l'attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Les entreprises africaines de fintech sont désormais confrontées à une nouvelle phase de leur cycle de financement, qui les oblige à démontrer une croissance durable et des voies plus claires vers la liquidité. Cette offre ne constitue donc pas seulement une vente d'actions, mais un test significatif visant à déterminer si le modèle des « licornes » africaines de la fintech peut réussir sa transition entre la valorisation privée et la découverte des prix sur le marché public.
Points clés à retenir
L'introduction en bourse prévue de MNT-Halan marque un tournant décisif pour le secteur africain de la fintech, dont l'impact dépasse les frontières de l'Égypte. En tant que première « licorne » égyptienne de la fintech, son entrée sur les marchés boursiers constituera un test crucial pour déterminer si les valorisations d'un milliard de dollars établies lors des tours de table privés peuvent se traduire par une valorisation durable sur les marchés publics.
Cela intervient à un moment où les entreprises africaines de fintech évoluent dans un nouveau paysage de financement, passant d'une dépendance au capital-risque à une plus grande importance accordée à la démonstration d'une croissance durable, de revenus solides et de perspectives claires de liquidité pour les premiers investisseurs. Les performances de MNT-Halan à la Bourse égyptienne constitueront un repère important pour les autres licornes africaines de la fintech non cotées, en particulier celles du Nigeria, qui abrite six des dix licornes du continent, dont Flutterwave et Moniepoint.
Contrairement à MNT-Halan, la plupart des géants nigérians de la fintech restent financés par des capitaux privés, ce qui fait de cette introduction en bourse un point de référence crucial pour les fondateurs et les investisseurs qui envisagent leur propre transition d'entités soutenues par du capital-risque vers des institutions financières matures capables d'attirer des capitaux publics.
Cette opération pourrait établir une nouvelle norme pour les introductions en bourse des fintechs africaines, d'autant plus que les investisseurs internationaux se montrent de plus en plus exigeants quant aux valorisations des entreprises technologiques, suite au boom des levées de fonds du début des années 2020.