La libération ce dimanche 4 octobre 2026 d'environ 80 partisans de l'imam Mohamed Kindo est un signal politique. Arrêtés fin mai après une manifestation interdite, rasés et envoyés en formation au camp de police, ils reviennent en famille. Vidéo à l'appui, la junte soigne la mise en scène de l'apaisement.
Mais peut-on parler de décrispation ? Dans tous les cas, c'est une ne nécessité pour les militaires au pouvoir à Ouagadougou. Depuis 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a besoin d'unité nationale pour sa guerre contre les jihadistes du Jnim affiliés à Al-Qaïda. S'aliéner les sunnites, très influents à Ouagadougou et dans le commerce, est risqué. L'arrestation de l'imam Kindo, figure respectée du sunnisme wahhabite, avait provoqué un tollé au-delà de ses fidèles. Le pouvoir avait créé un front religieux inutile selon certains observateurs.
D'aucuns pensent que la méthode reste répressive. Puisque la libération n'est pas une relaxe. C'est une « rééducation » par l'humiliation : crâne rasé, tenue policière, stage forcé. C'est la marque de fabrique de la junte pour tout contestataire, comme pour les magistrats et journalistes envoyés au front. On pardonne après avoir cassé. Les sunnites y voient certainement une tentative de soumission, pas un dialogue.
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En plus le dossier Kindo reste ouvert. L'imam lui-même n'a pas été libéré. Tant que son sort n'est pas réglé, la base sunnite restera mobilisée. De plus, la junte n'a pas renoncé à contrôler les prêches et les mosquées au nom de la lutte anti-terroriste, ce que les sunnites dénoncent comme une ingérence.
Chance de décrispation ? Oui, mais fragile et tactique. La junte veut éviter un second front à Ouagadougou. Les sunnites, eux, veulent récupérer leurs fidèles sans s'exposer à une disparition forcée. C'est une trêve qui arrive comme par épuisement, pas une réconciliation. Sans libération de Kindo et sans garanties sur la liberté de culte, l'apaisement restera de façade.