Le parti d'opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), qui compte élire son nouveau président le 17 octobre à Yaoundé, après l'annonce de la démission de Maurice Kamto le 8 septembre dernier, fait face à des demandes d'annulation de cette convention extraordinaire.
Un mois après la démission de Maurice Kamto de la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le MRC s'active pour renouveler son directoire. Une convention extraordinaire élective est annoncée à cet effet pour le 17 octobre à Yaoundé.
Ce vote interne va opposer deux listes : celle conduite par l'actuelle présidente intérimaire, Tiriane Balbine Noah, et celle de Pierre Emmanuel Binyam.
« Irrégularités »
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Mais à un peu plus d'une semaine de cette échéance, une incertitude plane au-dessus de cette convention. Certains militants appellent à son annulation, pour cause, dénoncent-ils, « d'irrégularités ».
C'est un militant de la fédération communale de Sangmélima (sud du Cameroun) qui a posé le dernier acte de contestation. Le 7 octobre, il a saisi par correspondance le sous-préfet de l'arrondissement de Yaoundé 4 pour demander l'annulation du récépissé délivré par cette autorité administrative pour la bonne tenue de la convention du 17 octobre. Il invoque deux motifs : le défaut de qualité de ceux qui ont convoqué ces assises et de fortes tensions internes, avec l'exemple de militants sous la menace d'expulsions ou encore de procédures pendantes en justice.
Antérieure à cette demande d'annulation, il y a aussi celle de Willy Mengue, ancien cadre du parti aujourd'hui exclu pour « trahison » : le 29 septembre, il avait déjà saisi le même sous-préfet avec une demande de même nature. Son recours est toujours en examen à la cour d'appel du centre.
À ces différentes voix contestataires, le MRC a rapidement répondu : dans un communiqué signé de son secrétaire général adjoint, le parti a dénoncé des manoeuvres « émanant des ennemis de la République ». La convention aura bien lieu au jour et lieu indiqués, soutient-il.
Reste à voir quelle sera la position définitive des autorités administratives avec lesquelles le MRC a déjà plusieurs fois eu maille à partir.
L'opposant camerounais Maurice Kamto, ancien candidat à la présidentielle de 2018, écarté de celle de 2025, avait quitté la présidence du MRC le 8 septembre.
Président du MRC depuis sa création en 2012, il avait déjà brièvement quitté son parti en juillet 2025 pour en rejoindre un autre, le Manidem, afin d'être investi comme candidat à la présidentielle d'octobre 2025. Il n'avait toutefois pas pu prendre part au scrutin, ayant été retoqué par le Conseil constitutionnel.
L'opposant avait ensuite été réélu président du MRC en décembre. Mais, saisi par un dissident du MRC, le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji avait indiqué début août ne pas « prendre acte » de la réélection de Maurice Kamto.