Au Gabon, il y a un mois, la Cour des comptes donnait un ultimatum de 30 jours aux Gabonais et entreprises qui doivent plus de 1 700 milliards de francs CFA à l'État pour s'acquitter de leur dette. Passé le 7 octobre, la Cour des comptes menaçait de transmettre les dossiers des intéressés auprès de la Cour criminelle spéciale et promettait la prison aux créanciers de l'État qui n'auraient pas payé leur dette. Le délai de grâce a expiré mercredi, mais aucune décision n'a été prise.
Une sortie fracassante et depuis plus rien, au Gabon. Aucune communication officielle. Le mois dernier, le président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, avait révélé que 600 entreprises et personnes physiques doivent à l'État 1 700 milliards de francs CFA, soit environ 2,59 milliards d'euros. Une somme correspondant à des détournements d'argent public, sanctionnés par des décisions de justice demeurées non appliquées ou partiellement exécutées.
Il avait accordé aux intéressés un mois pour éponger leur dette sans quoi la justice devait être saisie pour les jeter en prison. Mais, deux semaines après cette menace, Alex Euv Moutsiangou lui-même a été démis de ses fonctions.
« Un enterrement de première classe » pour le dossier
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Cette mise à l'écart n'est pas anodine, selon le leader d'une ONG ayant requis l'anonymat.
Par ces révélations, le magistrat « a brisé un tabou de la République et mis à mal les familles qui dirigent le Gabon » pense un économiste proche du pouvoir.
« Le dossier a bénéficié d'un enterrement de première classe », a pour sa part ironisé un leader politique.
