Luanda — L'Angola a plaidé, mardi dernier, pour une réponse internationale plus coordonnée, globale et durable face au terrorisme, compte tenu de l'expansion et de la sophistication croissante des réseaux terroristes sur le continent africain.
Selon un communiqué de presse de la Mission permanente de l'Angola auprès des Nations Unies, cette position a été exprimée par le représentant permanent de l'Angola, Francisco José da Cruz, lors du débat de la Sixième Commission de l'Assemblée générale consacré au thème « Mesures visant à éliminer le terrorisme international ».
Dans son intervention, le diplomate a réitéré la condamnation sans équivoque par l'Angola du terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, soulignant qu'aucune considération politique, idéologique, religieuse ou autre ne saurait justifier des actes terroristes.
Francisco José da Cruz a fait part de sa préoccupation face à l'expansion des réseaux terroristes dans plusieurs régions d'Afrique, notamment au Sahel, dans le Bassin du Lac Tchad, dans la Corne de l'Afrique, dans la région des Grands Lacs et dans certaines parties de l'Afrique australe.
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Le diplomate angolais a également souligné les liens existant entre le terrorisme, l'extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée, les flux financiers illicites, le trafic d'armes et l'exploitation illégale des ressources naturelles.
Dans ce contexte, il a rappelé la 16e session extraordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine sur le terrorisme et les changements inconstitutionnels de gouvernement, tenue à Malabo (Guinée équatoriale) le 28 mai 2022, à l'initiative du Président de la République d'Angola, João Lourenço.
Francisco José da Cruz a également évoqué la 21e session extraordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine, tenue à Luanda le 30 août 2026, consacrée au renforcement des mécanismes de prévention et de résolution des conflits en Afrique.
Selon le représentant permanent, les conclusions des réunions de Malabo et de Luanda mettent en évidence la nécessité de privilégier la prévention des conflits, le renforcement des institutions de l'État et une meilleure coordination régionale.
Cette approche, a-t-il ajouté, permettra à l'Afrique de passer de la gestion des crises à la prévention, et de réponses fragmentées à une action régionale coordonnée.
Cinq priorités
Dans le cadre de la réponse collective au terrorisme international, Francisco José da Cruz a souligné cinq priorités.
La première consiste à renforcer la coopération opérationnelle entre les Nations Unies, l'Union africaine et les Communautés économiques régionales, notamment dans les domaines de l'échange d'informations, de la gestion des frontières et du renforcement des capacités.
La deuxième porte sur le démantèlement des réseaux financiers et logistiques qui soutiennent le terrorisme, en luttant contre le financement du terrorisme, les flux financiers illicites, le trafic d'armes, la criminalité organisée et l'exploitation illégale des ressources naturelles.
La troisième priorité consiste à placer la prévention au coeur des stratégies de lutte contre le terrorisme, en s'appuyant sur l'alerte et l'action précoces, la médiation, la consolidation de la paix et le développement.
Le diplomate a désigné comme quatrième priorité le renforcement de la coopération face à l'utilisation abusive des technologies émergentes, y compris l'intelligence artificielle, les communications cryptées, les plateformes numériques et les nouvelles technologies financières, ainsi que le renforcement des capacités des pays en développement.
La cinquième priorité consiste à garantir un soutien prévisible et durable aux États africains confrontés au terrorisme, afin de renforcer leurs capacités de prévention et de réponse.
Concernant cette dernière priorité, le représentant permanent a réitéré le soutien de l'Angola au renforcement de la coopération entre les Nations Unies et l'Union africaine, ainsi qu'à la mise en oeuvre effective de la résolution 2719 (2023) du Conseil de sécurité, en appui aux opérations de maintien de la paix menées par l'Afrique, lorsque cela est approprié et dûment autorisé.
Francisco José da Cruz a également plaidé pour la conclusion des négociations sur la Convention globale sur le terrorisme international et a appelé les États membres à faire preuve de volonté politique pour surmonter les divergences persistantes et renforcer le cadre juridique international de lutte contre le terrorisme.
Il a par ailleurs souligné que toutes les mesures antiterroristes doivent respecter pleinement la Charte des Nations Unies, le droit international, le droit international des droits de l'homme et, le cas échéant, le droit international humanitaire.
En conclusion de son intervention, le diplomate a affirmé que la lutte contre le terrorisme ne pouvait se limiter à des réponses sécuritaires, mais devait s'accompagner du renforcement des institutions, de l'éducation, de l'emploi, de l'inclusion sociale et du développement. ART/LUZ