La société civile du Nord-Kivu demande au gouvernement congolais de suspendre certaines taxes, impôts et redevances appliqués aux biens et services dans les zones sous contrôle gouvernemental. Cette requête est contenue dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre le 2 octobre et rendue publique jeudi 8 octobre à Beni.
Selon cette structure citoyenne, les populations du Nord-Kivu sont confrontées à une accumulation de crises sécuritaires, humanitaires, sanitaires et économiques qui ont fortement dégradé leurs conditions de vie. Elle estime qu'une suspension momentanée de certaines charges fiscales permettrait d'alléger le fardeau des ménages et des opérateurs économiques durement touchés par cette situation.
Dans son plaidoyer, la société civile justifie sa demande par la grave crise socio-économique et humanitaire qui affecte les habitants des zones sous administration gouvernementale. Elle affirme que les ménages doivent faire face à une hausse continue des prix des produits de première nécessité, une situation qu'elle attribue notamment à l'augmentation de certaines taxes et redevances sur les marchandises transitant par le poste frontalier de Kasindi.
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La société civile cite notamment le cas du carburant. D'après elle, la redevance appliquée à un mètre cube de carburant, qui était de 25 dollars américains, s'élève désormais à 100 dollars au niveau du FONER. Cette augmentation aurait contribué à la hausse du prix à la pompe dans les villes de Beni et Butembo, où le litre de carburant se négocie actuellement autour de 4 500 francs congolais, contre 3 800 francs congolais habituellement.
La lettre ouverte met également en avant les conséquences des mesures restrictives liées à la lutte contre la maladie à virus Ebola. Selon la société civile, ces mesures affectent la circulation des personnes et des biens, tout en perturbant les activités économiques de nombreux opérateurs de la province.
Face à cette combinaison de difficultés, la société civile estime que la suspension temporaire de certains prélèvements fiscaux constituerait une mesure de soulagement pour les populations confrontées à la guerre, aux déplacements de population, aux contraintes sanitaires et à une précarité croissante. Elle appelle ainsi le gouvernement à adopter des mesures exceptionnelles afin d'accompagner les communautés du Nord-Kivu durant cette période jugée particulièrement difficile.