Cote d'Ivoire: Justice - Où sont les femmes dans le palmarès des grands cabinets ivoiriens ?

Lorsqu'il s'agit de représenter le sommet du droit des affaires en Côte d'Ivoire, les femmes semblent encore trop peu visibles. Une situation qui mérite d'être regardée de plus près.

Le métier d'avocat n'est évidemment pas un métier d'hommes. Pourtant, dans son numéro d'octobre 2026 consacré à quinze cabinets juridiques présentés comme faisant partie des plus puissants conseils de Côte d'Ivoire, un confrère donne, à première lecture, cette impression. 15 cabinets, 15 dirigeants et aucune femme à la tête d'une maison figurant dans ce palmarès. Cette représentation mérite d'être interrogée.

Il ne s'agit pas de remettre en cause la légitimité ou les compétences des hommes qui y sont, ni de considérer qu'une sélection devrait nécessairement respecter une parité mécanique. La question est plus simple : où sont les femmes ? Cette interrogation a toute sa place, lorsqu'on observe l'évolution de la profession en Côte d'Ivoire.

Première femme bâtonnier

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Cette corporation compte aujourd'hui des avocates expérimentées, reconnues et capables d'assumer les plus hautes responsabilités professionnelles et institutionnelles. Le cas de Me Florence Loan-Messan est particulièrement significatif. Élue en juillet 2023, elle est devenue la première femme bâtonnier de l'Ordre des avocats de Côte d'Ivoire et a pris ses fonctions en octobre 2024 pour le mandat 2024-2027.

Comment comprendre que la profession ait porté une femme à la plus haute responsabilité, qu'aucune femme n'apparaisse dans les 15 cabinets présentés comme les plus importants du pays ?

La question mérite d'être posée dans un esprit constructif. Car Me Florence Loan-Messan n'est pas la seule femme à contribuer au dynamisme de la profession. Des avocates telles que Me Ayssata Coulibaly Diabi, Me Fadiga Mawa, Me Kacoutié ou Me Fatou Fadiga Sanogo... participent elles aussi à la vie et au rayonnement du barreau ivoirien.

Elles exercent, plaident, conseillent, dirigent et construisent des carrières. Elles contribuent, chacune à sa manière, à l'évolution de la profession. Leur absence dans les « 15 maisons » les plus puissantes interpelle. Il faut, toutefois, distinguer deux choses : la réalité de la profession et la manière dont elle est représentée dans les médias.

Une sélection éditoriale repose nécessairement sur des critères. Cependant, lorsque 15 places sur 15 sont occupées par des hommes, l'image qui ressort est naturellement très masculine, même si cela ne correspond pas nécessairement à l'intention des auteurs du classement. C'est cette représentation qu'il serait intéressant d'interroger.

Le métier d'avocat ne comporte, en lui-même, aucune compétence qui serait exclusivement masculine. La maîtrise du droit, la capacité à conseiller, à négocier, à plaider, à arbitrer ou à diriger une structure ne dépendent pas du genre.

La question est donc moins de savoir s'il « fallait » sélectionner des femmes que de comprendre quels critères ont été retenus et dans quelle mesure ils reflètent réellement la diversité des talents de la profession.

Si les critères sont objectifs et transparents, il serait intéressant de savoir pourquoi aucune femme ne figure dans cette sélection. Et si certaines femmes répondent à ces critères, leur absence mérite également d'être questionnée. Il ne s'agit pas de réclamer une faveur, encore moins une place attribuée uniquement au nom du genre.

Il s'agit plutôt de s'assurer que les femmes disposent des mêmes possibilités d'être identifiées, reconnues et valorisées lorsqu'elles présentent les compétences et les parcours correspondant aux critères.

Pour les jeunes avocates qui commencent leur carrière, les modèles de réussite comptent également. Elles doivent pouvoir se projeter dans une profession où les responsabilités les plus élevées sont accessibles aux femmes comme aux hommes.

L'élection de Florence Loan-Messan comme bâtonnier constitue un signal fort et encourageant. Elle démontre que les plus hautes responsabilités professionnelles peuvent désormais être occupées par une femme.

Dès lors, la question soulevée par ce palmarès n'est pas une accusation. Il s'agit de trouver un mécanisme pour mieux refléter, dans les représentations médiatiques du droit des affaires ivoirien, la diversité des talents qui font aujourd'hui la richesse de la profession.

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