L'annonce récente d'un préavis de grève par le Syndicat des Personnels des Activités Aéronautiques du Sénégal (SYNPAAS), prétextant un différend financier entre la compagnie nationale Air Sénégal et le gestionnaire aéroportuaire LAS SA, soulève des interrogations fondamentales sur les véritables mobiles de cette agitation. Alors même que l'État du Sénégal impulse une nouvelle dynamique visant à consolider un grand groupe d'aviation diversifié sous la bannière d'Air Sénégal, une vaste campagne de déstabilisation est lancée pour saboter ce projet de souveraineté nationale.
Il convient de rétablir les faits et de démasquer les instruments d'une guerre de communication savamment orchestrée.
C'est une anomalie syndicale sans précédent avec des employés qui se font agents de recouvrement. L'opinion publique doit s'arrêter sur une absurdité managériale et sociale manifeste : depuis quand le personnel d'une entreprise se met-il en grève parce qu'un client ou un partenaire commercial de son employeur aurait des retards de paiement ?
La passe d'armes de LAS, un pétard mouillé
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En brandissant la menace d'une perturbation des vols à compter du 15 octobre sous prétexte qu'Air Sénégal devrait des redevances à LAS SA, le SYNPAAS ne défend en rien les conditions de travail des agents aéroportuaires. Il se transforme, sciemment ou par instrumentalisation, en bras armé et en cabinet de recouvrement au service d'actionnaires privés. Une gros ratage avec des travailleurs sénégalais qui se mobilisent non pas pour leurs droits salariaux, mais pour faire pression sur le pavillon national au profit d'une structure privée, constitue une instrumentalisation syndicale inédite.
Les ombres de la concession privée: L'axe LIMA-SUMMA sous les projecteurs
Pour comprendre cette frénésie soudaine, il faut remonter à la genèse de la gestion de l'Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). La structure LAS SA, dirigée par le Turc Askin DEMIR tout comme la société d'assistance au sol 2AS, a été octroyée aux consortiums turcs LIMA et SUMMA sans le moindre appel d'offres concurrentiel, par la seule volonté politique des anciennes autorités.
Aujourd'hui, nous assistons à un véritable jeu de chaises musicales : l'actuel Directeur Général de LAS SA, le Turc Askin DEMIR occupait auparavant les mêmes fonctions de direction au sein de 2AS. Ce verrouillage managérial et financier garantit la préservation d'intérêts extérieurs dont la priorité n'a jamais été le rayonnement du transport aérien sénégalais, mais la maximisation du rapatriement de dividendes.
Cette honteuse entreprise vise à casser la reprise en main d'Air Sénégal. Alors pourquoi cette offensive subite aujourd'hui ? La réponse réside dans la ferme volonté des autorités actuelles et de la direction d'Air Sénégal de réorganiser le secteur, d'exiger une transparence contractuelle et de bâtir un groupe aéronautique fort et intégré.
Cette volonté de reprise en main dérange les rentes de situation établies depuis des années. Les manoeuvres en cours visent clairement à déstabiliser le Management Général d'Air Sénégal et faire débarquer sa direction afin d'interrompre le travail d'audit et de restructuration. Aussi, la cabale tend à ternir l'image de marque du pavillon national auprès des passagers et des partenaires internationaux d'une part et d'autre part maintenir un rapport de force favorable aux intérêts financiers turcs aux dépens du trésor public et de la souveraineté aéronautique du Sénégal.
Un appel au patriotisme et au sens de la responsabilité
Air Sénégal n'est pas une simple entreprise commerciale : c'est un outil stratégique de développement, de désenclavement et d'affirmation de la souveraineté nationale. Aucun État soucieux de ses intérêts ne peut accepter que son pavillon national soit pris en otage par des combinaisons d'intérêts privés d'outre-mer relayées par des acteurs locaux. Il est temps que les travailleurs aéroportuaires sénégalais prennent conscience du rôle dans lequel certains cherchent à les enfermer.
Le véritable combat syndical et citoyen ne consiste pas à faire le jeu de multinationales bénéficiaires de concessions de gré à gré, mais à défendre l'outil de travail national et la transparence dans la gestion de nos infrastructures aéronautiques. La campagne de dépréciation contre Air Sénégal doit cesser. La souveraineté du ciel sénégalais se négociera pas sous le diktat de la désinformation, actionnée par le directeur général turc et sa bande d'affidés acquis à sa cause.
Dans une enquête exclusive révélée par Confidentiel Afrique, dans son édition électronique du 23 septembre dernier, des détails précis ont été étayés dont nous vous livrons ci-dessous dans le volet de la Situation juridique et judiciaire actuelle des Airbus A330 Néo.
« Ces avions font l'objet d'un contentieux avec Casamance Owner ,la SPV propriétaire des avions que la chambre commerciale de la haute cour de Londres a pris au mois de Février 2026 , une décision d'immobilisation en vue de la restitution des avions par l'effet de la résiliation du contrat de location pour lequel AIR SENEGAL SA devait payer des loyers ,ce qu'elle a d'ailleurs pu faire jusqu'au mois de Décembre 2025. Ce qu'il faut cependant relever est que la location des avions par AIR SENEGAL SA était un moyen de rembourser le financement à hauteur de70% du prix des avions .
En effet ,lors de leur acquisition ,l'Etat du Sénégal avait versé le montant de 30% de leur prix et avait accepté l'emprunt de 70% auprès de partenaires Européens pour le solde .C'est ce remboursement qui devait faire l'objet de loyers ,le tout avec la garantie souveraine du Sénégal. Ce montage , ne constitue en vérité, qu'un mécanisme évitant l'immatriculation directe au nom de AIR SENEGAL SA avant le remboursement intégral qui doit se faire par le biais du paiement des loyers directement dans les comptes de Banco Santander qui a financé l'acquisition des avions à hauteur de 70%.
C'est dire que sur le plan financier et juridique ,la résiliation des contrats de location n'entraine pas celle du contrat de financement qui demeure d'actualité et la raison en est qu'au delà des 30% du prix de leur acquisition ,AIR SENEGAL SA a remboursé plus de la moitié des prêts consentis. La moralité de tout cela est que tant que le contrat de financement n'est pas résilié ,les rapports juridiques et économiques découlant de ce contrat garanti par l'Etat du Sénégal demeurent d'actualité .
C'est d'ailleurs le maintien de ce contrat qui justifie le récent appel à la garantie souveraine par les bailleurs et les réunions de rapprochement ces deniers mois entre les équipes de l'Ambassade de France au Sénégal et le Ministère des Transports Terrestres et Aériens. Sur le plan judicaire ,ce qui est d'une grande importance ,au regard de la loi OHADA , et même du droit Sénégalais ,les décisions rendues par les juridictions étrangères ne sont valables que lorsqu'elles font l'objet d'exequatur. C'est seule une procédure d'exequatur qui pourra ainsi intégrer la décision dans l'ordonnancement juridique pour que les conséquences de droit y soient attachées et opposables à tous . En résumé à ce stade , du fait de tout ce qui précéde la propriété des avions n'est pas remise en cause pour AIR SENEGAL SA ».