La Journée mondiale de la santé mentale est célébrée ce samedi 10 octobre 2026 à travers le monde.
Placée cette année sous le thème « Lived Experiences Heard: Real Voices, Real Change », l'édition 2026 met au premier plan la parole des personnes ayant vécu des troubles de santé mentale et appelle à mieux prendre en compte leur expérience dans l'élaboration des politiques, des services et des dispositifs de prise en charge.
Choisi par la Fédération mondiale pour la santé mentale (WFMH) et annoncé le 11 août 2026, ce thème invite à donner davantage de place à la parole des personnes directement concernées.
La Fédération encourage les organisations du monde entier à organiser des initiatives autour de cette thématique et soutient, dans le même temps, les travaux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en faveur de la désinstitutionnalisation.
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Faire entendre la parole des personnes concernées
Cette édition entend replacer l'expérience des patients au cœur des politiques et des dispositifs de santé mentale. L'objectif est notamment d'associer les personnes ayant vécu des troubles psychiques aux décisions concernant les politiques publiques, les services de soins et les dispositifs qui leur sont destinés.
L'OMS défend parallèlement une évolution des systèmes de prise en charge, notamment à travers la désinstitutionnalisation. L'organisation souligne que certains modèles institutionnels peuvent favoriser l'isolement et s'accompagner de soins de qualité insuffisante ou d'atteintes aux droits fondamentaux. Elle a annoncé la publication d'un guide pratique consacré à la mise en œuvre de ce processus.
Plus de trois décennies de sensibilisation
La Journée mondiale de la santé mentale est célébrée depuis plus de trente ans. La première édition s'est tenue le 10 octobre 1992, à l'initiative de la WFMH, alors dirigée par son secrétaire général adjoint Richard Hunter.
Deux ans plus tard, en 1994, un premier thème annuel a été adopté à la proposition du secrétaire général de l'organisation, Eugene Brody : « Améliorer la qualité des services de santé mentale dans le monde ».
La journée est aujourd'hui coordonnée par l'OMS et bénéficie du soutien de la WFMH, organisation à l'origine de sa création.
Un enjeu qui concerne plus d'un milliard de personnes
Les dernières données disponibles donnent la mesure de l'enjeu. Le 2 septembre 2025, l'OMS estimait à plus d'un milliard le nombre de personnes vivant avec un trouble de santé mentale dans le monde.
Les rapports World Mental Health Today et Mental Health Atlas 2024 montrent que ces troubles concernent l'ensemble des pays, des groupes d'âge et des niveaux de revenus. Les troubles anxieux et dépressifs figurent parmi les plus fréquents, tandis que les femmes sont, dans l'ensemble, davantage touchées.
Les troubles mentaux constituent également la deuxième cause d'invalidité à long terme. Le suicide demeure l'une des conséquences les plus graves de la détresse psychique : selon les estimations de l'OMS portant sur 2021, près de 727 000 personnes sont mortes par suicide cette année-là.
De fortes disparités dans l'accès aux soins
Au-delà du nombre de personnes concernées, l'OMS souligne d'importantes inégalités dans l'accès aux services de santé mentale.
À l'échelle mondiale, on compte en moyenne médiane 13 professionnels de santé mentale pour 100 000 habitants, tandis que les dépenses publiques consacrées à la santé mentale stagnent autour de 2 % des budgets de santé.
Les écarts entre pays restent particulièrement importants.
Dans les pays à revenu élevé, les dépenses publiques consacrées à la santé mentale atteignent en moyenne 65 dollars par habitant, contre seulement 0,04 dollar dans les pays à faible revenu. Dans ces derniers, l'OMS estime que seules 10 % des personnes concernées bénéficient d'un traitement.
En Afrique, un accès aux soins encore limité
La situation du continent africain appelle toutefois à la prudence dans l'interprétation des données. Les rapports de l'OMS ne permettent pas d'établir un chiffre précis du nombre de personnes vivant avec un trouble de santé mentale en Afrique.
L'accès aux soins demeure néanmoins un défi majeur, dans un contexte marqué par des ressources limitées et des disparités importantes entre les systèmes de santé.
Pour le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, la transformation des services de santé mentale figure parmi les priorités les plus urgentes de santé publique.
À travers son thème 2026, la Journée mondiale de la santé mentale entend ainsi déplacer le regard : au-delà des statistiques et des politiques publiques, elle place au centre celles et ceux qui vivent directement ces réalités, avec l'objectif de faire de leur expérience une composante à part entière des décisions qui les concernent.