Madagascar: Assemblée nationale - Opposition parlementaire fictive

Depuis sa réconciliation avec le PRRM, le colonel Michaël Randrianirina, Milavonjy Philobert semble avoir opté pour la politique de la discrétion.

Ruée des politiciens vers le camp de la Refondation. En effet, la Grande île est actuellement en train de sombrer dans le concept de la pensée unique. Plus aucun parti ni acteur politique n'ose critiquer le régime, à l'exception du député d'Arivonimamo, Antoine Rajerison, qui avait déjà fait l'objet d'une demande de levée d'immunité parlementaire de la part du ministère de la Justice au mois de juin dernier, après avoir déposé une requête aux fins de destitution du président de la Refondation de la République de Madagascar auprès de la Haute Cour constitutionnelle.

De son côté, depuis quelque temps, le 7e vice-président de l'Assemblée nationale représentant l'opposition, Milavonjy Philobert, semble lui aussi avoir opté pour la politique de la discrétion. Sa dernière sortie médiatique remonte au début du mois d'août. On remarque en effet que, depuis la grande fête marquant sa réconciliation avec le colonel Michaël Randrianirina, organisée à Ambovombe Androy, le représentant de l'IRMAR au sein du bureau permanent de la Chambre basse entretient le silence. L'on se demande alors si l'origine ethnique prime sur la famille politique.

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Même pendant les récents événements ayant touché de grandes figures de l'ancien régime, entre autres la décision du tribunal relative à la condamnation de l'ancienne ministre de l'Éducation nationale, non moins députée élue à Fianarantsoa, Sahondrarimalala Marie Michelle, condamnée à 5 ans de prison ferme, ou encore l'arrestation suivie du placement sous mandat de dépôt de l'ex-députée de Mahajanga, Nina Rahantanirina, Milavonjy Philobert ne s'est pas prononcé et semble avoir laissé de côté son rôle de chef de l'opposition.

Silence assourdissant

Le député d'Ambovombe a-t-il choisi de rejoindre le camp du pouvoir ? C'est la question que se posent les observateurs face à ce silence assourdissant. La loi relative au statut de l'opposition stipule qu'au cas où le chef de l'opposition officiel adhère au gouvernement, il perd automatiquement sa qualité et l'on procède à une nouvelle élection du chef de l'opposition. Pour le moment, on n'en est pas encore là. Toutefois, des éclaircissements sont de mise de la part de celui qui était considéré comme le dernier rempart du régime Volomboasary après le départ en exil de l'ancien président Andry Rajoelina.

La bonne question est aussi de savoir quelle opposition le 7e vice-président va représenter car, à Tsimbazaza, le groupe parlementaire IRMAR est déserté et abandonné par ses membres. Avec la décision de tous les députés IRMAR et indépendants de retourner leur veste au profit de la nouvelle plateforme pro-pouvoir Vondron'ny Fihavaozan'i Madagasikara (VFM), il ne reste plus qu'une opposition virtuelle, voire fictive, à l'Assemblée nationale.

Ayant été le groupe parlementaire majoritaire avec plus de 80 députés, l'IRMAR est réduit en miettes et ne compte plus aucun membre. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que l'ancien parti au pouvoir, complètement anéanti et abandonné par ses élus, est en bonne voie pour se déclarer forfait lors de la prochaine fenêtre électorale.

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