L'Association congolaise des soins palliatifs (Acospa) a achevé, le 8 octobre, à Brazzaville une session de formation destinée à renforcer les compétences des professionnels de santé dans la prise en charge des patients atteints de maladies graves ou évolutives.
Pendant quatre jours, les participants ont été formés aux principes des soins palliatifs, à la prise en charge de la douleur et à l'accompagnement global du patient. Une seconde formation consacrée à la pédagogie inversée a également été organisée afin de renforcer les capacités des futurs formateurs.
Pour les participants, cette formation a notamment permis de faire évoluer le regard porté sur le malade. « Lorsqu'on fait ce genre de formation, on comprend finalement que le malade, c'est un tout. On ne voit pas que le corps qui souffre, mais également le psychisme, le côté émotionnel, le côté familial. Le fait d'écouter le malade et de le prendre dans sa globalité nous permet vraiment de changer notre approche de soins. », a souligné le Dr Danielle Obambi épouse Onganga. Elle a également plaidé pour que cette approche soit étendue à d'autres spécialités et disciplines médicales.
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Le Dr Juliana Jackson a, pour sa part, relevé que les soins palliatifs ne se limitent pas à l'administration des médicaments. « Le traitement des patients, ce n'est pas uniquement donner des médicaments, mais prendre vraiment le patient dans sa globalité », a-t-elle expliqué, appelant à poursuivre les formations et à améliorer la communication autour des soins palliatifs auprès de la population.
Au-delà de la formation, le Pr Benoît Burucoa a mis en avant la nécessité de disposer de moyens adaptés. Selon lui, « ce qui manque au Congo, comme dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, ce sont des médicaments et des pansements essentiels, accessibles et abordables, et puis des ressources humaines ». Il estime que le développement des soins palliatifs passe notamment par des professionnels suffisamment outillés dans le traitement de la douleur et par la mise en place d'équipes dédiées.
Le formateur a également évoqué la perspective d'une implication progressive de l'Etat dans la pérennisation de ces dispositifs, notamment à travers le redéploiement des ressources humaines dans les structures hospitalières. Une petite équipe mobile de soins palliatifs pourrait ainsi être mise en place avant d'étendre progressivement l'offre de soins à la communauté.
À la clôture de la session, l'Acospa a appelé ses membres à mettre en pratique les connaissances acquises et à faire vivre l'association. Pour ses responsables, l'enjeu est désormais de passer de la formation à l'action, en faisant évoluer les pratiques et en améliorant durablement la prise en charge des patients et de leurs proches.