Cote d'Ivoire: Journées foncières d'Abidjan - Sept recommandations pour une gouvernance durable

Les premières Journées foncières d'Abidjan ont débouché sur sept recommandations destinées à moderniser la gouvernance foncière, prévenir les conflits et mobiliser davantage de ressources pour le développement du continent africain.

Ouverte le lundi 5 octobre 2026, la première édition des Journées foncières d'Abidjan (Jfa) s'est achevée le mercredi 7 octobre, au Parc des expositions de Port-Bouët.

Sept recommandations pour relever les défis fonciers en Afrique. C'est le principal résultat de la première édition des Jfa, au terme de trois jours d'échanges entre ministres, experts, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile et professionnels du secteur.

A la clôture de ces Journées, Bruno Nabagné Koné, ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, a salué la qualité des débats et la diversité des expertises mobilisées autour des enjeux fonciers.

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Pour lui, ces assises constituent une étape importante dans la recherche de réponses durables aux difficultés rencontrées par les États. « Ces Journées marquent ainsi une étape importante dans la construction de réponses durables aux défis fonciers de nos pays et jettent les bases d'une action collective en faveur d'une gouvernance foncière plus moderne, plus sécurisée et plus durable », a-t-il déclaré.

Harmoniser les règles et renforcer les partenariats

Au terme des travaux, les participants ont préconisé, en premier lieu, la mutualisation des expériences nationales afin d'élaborer un cadre réglementaire harmonisé, transparent et sécurisé, susceptible de favoriser les investissements dans le secteur foncier.

Deuxième recommandation, ils ont évoqué la poursuite de la collaboration entre les pays pour partager les bonnes pratiques et promouvoir une gouvernance foncière bénéfique aux économies et aux populations, tout en protégeant les ressources naturelles et en contribuant à la lutte contre le changement climatique. La troisième recommandation porte sur le renforcement du rôle de la société civile et du secteur privé dans la conception, la mise en oeuvre et le suivi des politiques foncières.

Les participants entendent ainsi favoriser une approche inclusive, associant davantage les acteurs concernés aux décisions publiques.

Autre priorité : privilégier le dialogue et la médiation dans le règlement des conflits fonciers. Cette orientation vise à faire de la prévention et du règlement pacifique des différends des leviers de cohésion sociale.

Le financement au coeur des priorités

Les participants ont par ailleurs insisté sur la nécessité d'assurer un financement adéquat des politiques foncières engagées par les différents pays. La mobilisation de ressources financières suffisantes apparaît comme une condition essentielle à la concrétisation des réformes et à la pérennisation des acquis.

Ils ont aussi recommandé l'institutionnalisation des Journées foncières d'Abidjan. L'objectif est d'en faire un rendez-vous incontournable de la communauté foncière régionale et internationale, ainsi qu'une plateforme de référence pour la promotion de solutions innovantes au service du développement du continent.

Enfin, la septième recommandation invite les États à mieux valoriser la gouvernance foncière et à renforcer son rôle de levier de paix, de cohésion sociale, d'investissement productif, de création d'emplois, de développement durable et de prospérité partagée.

Les gouvernements appelés à agir

Pour Bruno Nabagné Koné, l'adoption de ces recommandations ne constitue qu'une première étape. Leur mise en oeuvre dépendra principalement de la volonté politique des gouvernements et de leur capacité à mobiliser les ressources nécessaires.

« La mise en oeuvre de ces recommandations relève, en premier lieu, de la responsabilité de nos Gouvernements respectifs », a-t-il souligné, appelant ses collègues ministres chargés du foncier à porter le plaidoyer nécessaire auprès de leurs gouvernements.

Le ministre a insisté sur l'importance de maintenir l'engagement des partenaires au développement, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (Bad) et l'Agence française de développement (Afd), dont l'accompagnement a contribué à la tenue de ces assises.

Au-delà des recommandations, cette première édition aura ainsi permis de rapprocher les expériences et les expertises de plusieurs pays d'Afrique et d'autres continents. Les échanges ont notamment porté sur les moyens de concilier sécurisation foncière, attractivité des investissements, protection des ressources naturelles et prévention des conflits.

En déclarant closes les premières Journées Foncières d'Abidjan, Bruno Nabagné Koné a exprimé le souhait que les liens noués au cours du forum constituent « un fondement solide dans la construction de notre oeuvre commune ».

Le défi est désormais de traduire les sept recommandations en mesures concrètes, afin que la gouvernance foncière devienne davantage un instrument de stabilité, de développement économique et de progrès social en Afrique.

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