À Madagascar, une vague de menaces diffusées sur les réseaux sociaux vise, depuis plusieurs semaines, cinq avocats exerçant sur l'île de Nosy Be, dans le nord-ouest. Celles-ci sont proférées à la suite de décisions de justice portant sur des litiges fonciers. L'accès à la terre suscite de nombreuses tensions dans cet archipel aux eaux turquoise faisant office de vitrine touristique pour tout le pays.
Menaces de mort, atteintes à la vie privée, propos xénophobes... Cette vague de haine a récemment poussé l'Ordre des avocats à réagir dans un communiqué.
« Il y a des contenus susceptibles de porter gravement atteinte à la sécurité des confrères sur place, à leur indépendance et au libre exercice des droits de la défense. L'insatisfaction à l'égard d'une décision de justice doit trouver sa réponse dans les voies de recours prévues par la loi et jamais dans la menace ou dans l'intimidation de l'avocat qui exerce sa mission. C'est dans ce sens-là aussi qu'on rappelle que les réseaux sociaux ne sauraient constituer une zone de non-droit », a déclaré Maître Ferdinand Ranary Rakotoarisoa, président de l'Ordre des avocats.
Défiance
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Mais la justice tout comme l'administration foncière suscitent une forte défiance. Ces services publics faisaient partie des plus corrompus, en 2025, selon les doléances recueillies par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco).
Très prisée des touristes, Nosy Be, au large de la côte nord-ouest de Madagascar, est en proie à des conflits récurrents, explique Mamy Rakotondrainibe, présidente du Collectif Tany, pour la défense des terres malgaches : « C'est surtout la loi du plus fort qui domine. Les petits paysans et propriétaires ou bien ceux qui n'ont pas de documents fonciers officiels, par exemple, sont vraiment à la merci de tous les prédateurs. On voit de plus en plus que des Malgaches interviennent pour accaparer des terres. On ne sait pas trop si c'est pour eux-mêmes, à long-therme, ou bien pour les vendre ou encore pour collaborer d'une manière ou d'une autre avec les investisseurs étrangers. »
Le collectif Tany plaide pour la création d'une juridiction spécialisée, dotée d'enquêteurs et de juges dédiés aux litiges fonciers.