Congo-Kinshasa: Des organisations réclament plus d'autonomie et de transparence dans le projet de loi anticorruption

Palais du peuple, le parlement à Kinshasa

En RDC, pays classé 163e sur 182 pays dans l'Indice de Transparency International, le projet de loi anticorruption déposé le mois dernier à l'Assemblée nationale suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile. Dans une note de plaidoyer conjointe publiée en octobre 2026, l'ONG Réseau panafricain de lutte contre la corruption (Unis) et la coalition « Le Congo n'est pas à vendre » saluent des avancées pour combler de « vrais vides du droit congolais », mais exigent des corrections majeures avant tout vote du Parlement pour ne pas confier la lutte à des organes dépendants de l'exécutif. Selon la société civile, le texte soumis par le gouvernement protège mal les lanceurs d'alerte et ouvre des pouvoirs d'enquête sans contrôle du juge.

Pour ces deux organisations de la société civile en RDC, le texte actuel risque d'être une simple vitrine et non un bouclier contre la corruption s'il est adopté en l'état.

Première exigence : garantir l'indépendance de la future autorité anticorruption. Le projet confie sa création au Premier ministre par simple décret.

La société civile réclame une institution véritablement autonome, dotée d'un budget propre et dont les responsables sont nommés après audition par le Parlement.

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Quarante demandes d'amendements transmises

Deuxième ligne rouge : la protection des lanceurs d'alerte. L'ONG Réseau panafricain de lutte contre la corruption (Unis) et la coalition « Le Congo n'est pas à vendre » demandent un cadre légal complet, protégeant autant le secteur privé que le secteur public et des sanctions pénales contre toute forme de représailles.

Enfin, alors que le texte ouvre la porte aux écoutes et aux saisies sous le seul contrôle des services d'enquête, les signataires exigent le feu vert obligatoire d'un juge pour encadrer ces mesures intrusives et éviter toute dérive autoritaire.

Au total, quarante amendements ont été transmis aux députés et sénateurs pour par exemple corriger le projet et, notamment, le poids de certaines peines. Dans le texte, l'abus ds biens publics est puni de deux à cinq ans, donc moins incriminé que le détournement de deniers publics qui est puni jusqu'à 20 ans de prison.

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