Quelques heures seulement le 9 août 2026, après la publication du rapport explosif sur les incendies des deux centrales de la Somelec les 21 et 22 août, le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Diay, a remis la démission de son gouvernement. Le Président l'a aussitôt reconduit.
La scène est rarissime en Afrique. D'ordinaire, un rapport accablant sur une crise de service public finit dans un tiroir. Au pire, un directeur technique est limogé. Ici, c'est l'ensemble de l'Exécutif qui tire les conséquences. Ould Diay n'a pas attendu qu'on lui demande des comptes. Il a appliqué le principe de responsabilité collective.
Le geste est d'autant plus fort que la Somelec est le nerf de la guerre en Mauritanie. Deux centrales brûlées en 24h, Nouakchott dans le noir en pleine canicule, hôpitaux au groupe électrogène, colère sur les réseaux. Le rapport pointe des négligences d'entretien, des marchés douteux, une gouvernance défaillante.
En démissionnant, le gouvernement envoie trois messages forts dont le fait que la faute est assumée au sommet et pas renvoyée aux seuls techniciens. En plus, l'enquête est crédible, puisqu'elle produit un effet politique immédiat. Enfin, ke pouvoir n'est pas solidaire de la faute, mais de la correction.
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Évidemment, l'impact pour l'image de la Mauritanie est majeur. Sur le plan interne, le Président Ghazouani affiche une rupture avec la culture de l'impunité qui mine le Sahel. Il se pose en arbitre au-dessus du gouvernement, capable de sanctionner puis de faire confiance de nouveau. C'est habile : il garde son Premier ministre, mais le renforce d'une légitimité morale.
Sur le plan externe, le signal envoyé aux bailleurs et investisseurs est puissant. Au moment où Nouakchott négocie ses projets gaziers et sa transition énergétique, montrer qu'une crise électrique débouche sur une responsabilité politique, une enquête transparente et une reconduction conditionnelle, rassure. C'est l'image d'un État qui fonctionne.
En reconduisant Ould Diay le même jour, le Président évite aussi le vide. Ce n'est pas un limogeage, c'est un acte de reddition de comptes républicain. Une première dans la sous-région depuis longtemps.