Le ministère tchadien des Affaires étrangères a convoqué dimanche 11 octobre l'ambassadeur centrafricain à Ndjamena pour « protester » contre « l'incursion de soldats centrafricains sur son territoire », occasionnant plusieurs blessés graves, civils et militaires. Bangui évoque de son côté des « opérations préventives » sur son territoire, contre des rebelles préparant une attaque de grande ampleur.
Le ministère centrafricain de la Défense annonçait dès le 10 octobre des opérations terrestres et des frappes aériennes dans la Vakaga, dans l'extrême-nord de la Centrafrique, à la frontière avec le Tchad.
Opérations contre une coalition de rebelles centrafricains composée notamment du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam qui, dans un communiqué, confirme avoir été ciblé, et de l'Alliance du sursaut patriotique, le groupe qui avait brièvement pris la ville d'Am Dafok (nord-est de la RCA) en juillet dernier, selon la Cosi, le principal canal de communication des paramilitaires russes en Centrafrique. Un canal qui évoque un projet d'« invasion à grande échelle » des rebelles bénéficiant de « soutiens occidentaux » et qui avance un bilan de 60 morts et blessés.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Pour appuyer ses dires, l'organe publie la photo de deux cadavres, d'une dizaine de lance-roquettes et trois fusils.
Les autorités tchadiennes ont été informées de la présence de rebelles sur son territoire, ajoute la Cosi.
En 2021 déjà, le Tchad avait accusé Bangui d'avoir attaqué l'un de ses postes avancés et exécuté 10 de ses soldats.
Plusieurs questions restent en suspens, à ce stade. D'abord, l'attaque a-t-elle eu lieu à Nagabaye, côté centrafricain, comme l'affirment Bangui et le FPRC ? Ou a-t-elle débordé côté tchadien, vers Abnabak, comme l'avance Ndjamena ? Qui sont les personnes décédées ? Des civils ? Des rebelles ? Des militaires ? Et, enfin, quelles seront les conséquences diplomatiques de cet incident, dans un contexte de relations tendues entre Ndjamena et ses voisins soudanais, nigériens, libyens, centrafricains, et alors que le président Mahamat Idriss Déby est attendu dès ce lundi à Paris en visite officielle.