Tandis que le report de l’élection présidentielle du 06 Décembre se précise de plus en plus, aucun acte n’a été pris pour remettre en cause une telle éventualité par le pouvoir en place. En revanche les faits sont clairs.
Les déclarations faites ici et là, par les autorités notamment, par le premier Ministre ILIDIO Vieira Té, invoquant soit, le calendrier électoral, notamment la date du dépôt des candidatures qui est dépassée depuis le 06 Octobre, sans qu’aucun candidat ne soit en mesure d’accomplir cette formalité substantielle, balisent la voie à une prolongation de la transition, et dédouane, à moindre frais, la junte au pouvoir de ses engagements vis-à-vis de la CEDEAO. La suspension des activités politiques et celles des organisations de la société civile, toujours maintenue, offrait-elle une possibilité pour ces derniers de le faire ? Non.
Il apparait donc aux yeux de nombreux observateurs que la volonté de conserver le pouvoir par le Général Horta Ntam, jusque-là sujette à un doute, sous le bénéfice des dispositions de la charte de la transition, qui l’excluait des potentiels candidat à la présidence, apparait comme une hypothèse très sérieuse, pour ne pas dire probable.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
En effet, il suffit de jeter au regard furtif chez les voisins pour se rendre compte, à la lumière des derniers actes posés par le chef de l’état Bissau guinéen, notamment le limogeage de deux ministres du gouvernement de transition, réputés proches de l’ancien président Umaro Sissoko Emballo.
Faut-il lier leur sortie du gouvernement à l’annonce récente de l’ancien président bissau- guinéen de revenir au pays pour disait-il, prendre part à la prochaine présidentielle, prévue initialement au 6 décembre, après le coup d’état auto-orchestré, qui l’avait écarté du pouvoir ? Ou bien au rôle qu’a joué Umaro Sissoko Emballo dans la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des nations Unies ?
La réponse est double. Elle tient en fait d’abord, à la réaction ferme et nette de la junte, qui avait déclaré aussitôt après la déclaration de Emballo, qu’elle n’était pas en mesure de lui assurer sa sécurité sur le territoire Bissau guinéen. Ensuite elle se présente quelque part comme une réaction « nerveuse » face à « l’injonction » de la CEDEAO pour un respect de la date du scrutin, alors que l’organisation régionale était jusque-là muette sur l’évolution du processus de transition et ses péripéties.
Dès lors la politique du fait accompli s’impose, non pas sous les habits de légalité, mais surtout par un jeu d’acteurs dont celui de la Vice-Présidente de la Commission nationale électorale qui a ouvertement déclaré que les conditions techniques n’étaient pas réunies pour la tenue du scrutin le 06 décembre.
Sans qu’aucune date ne soit annoncée officiellement par le général Horta Ntam à qui il revient de le faire, la perspective d’un rétropédalage est nette. D’ici là, le Général prolonge la transition, en tenant à l’écart tous les protagonistes et leaders politiques, et probablement, en attendant de se choisir un challenger de moindre envergure pour le battre à l’issue d’un scrutin dont le résultat serait connu d’avance. Est-ce là le nouveau scénario ?
Au niveau de l’intelligentsia Bissau guinéenne on pense plutôt à un dialogue inclusif, au sortir duquel un agenda clair de transition serait adopté, avec une date de scrutin relativement proche, auquel participeraient tous les candidats remplissant les conditions démocratiques et légales de participation.