Face à la crise sécuritaire alarmante, accentuée avec la prise de commandes de Joseph Kabila, Président de la République honoraire, à la tête du Front pour la Refondation Nationale (FRN), Clément Kanku Bukasa appelle à la résistance générale pour contrer toute démarche susceptible de fragiliser la cohésion sociale, de freiner le développement et d'entraîner la balkanisation de la République démocratique du Congo. Dans une communication faite hier, jeudi 15 octobre 2026, devant la presse, au siège du Mouvement pour le Renouveau (MR), sa propre formation politique, à Kinshasa, Clément Kanku a encouragé un élan de vigilance absolue, réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines, au vivre-ensemble et à la stabilité institutionnelle.
Responsabilité face l'histoire
Pour lui, sauver le Congo des griffes de ses agresseurs, identifiés, reste, selon plusieurs rapports internationaux, comme étant le Rwanda et ses alliés de la coalition AFC/M23, désormais supplantée par le FRN, nécessite vision, détermination et pragmatisme. "Nous devons tous prendre conscience aujourd'hui que nous sommes devant une menace existentielle qui risque de faire disparaître le Congo comme nation telle que nous le sommes aujourd'hui", a-t-il alerté, de vive voix.
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Dans son message, Clément Kanku a ouvertement exhorté le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à prendre ses responsabilités à bras-le-corps. Cet ancien parlementaire a ainsi formulé une série de recommandations courageuses, estimant que l'heure des actions a véritablement sonné. "Nous avons donc le choix de défendre la souveraineté, de défendre l'indépendance chèrement acquise par les pères de l'indépendance jusqu'au sacrifice suprême, ou d'accepter une colonisation du Rwanda", a-t-il renchéri.
Pistes courageuses
En premier lieu, au lendemain de la création du FRN, Clément Kanku estime que le Président Tshisekedi doit décréter, sans tarder, une mobilisation populaire totale. Selon lui, en effet, dans cette bataille difficile liée à la survie du pays, l'implication du peuple, des forces vives de la Nation, y compris de différents acteurs de la vie politique nationale revêt une importance cruciale pour contrer la déstabilisation de la RD Congo.
Comme deuxième mesure, le Leader du MR a appelé le Chef de l'État à recentrer les priorités du Gouvernement sur la guerre, en confiant notamment certaines fonctions clés aux épaules galonnées, vu l'ampleur de la crise sécuritaire. Il a épinglé également la nécessité de recourir à l'expérience des généraux retraités. Leur expérience, estime-il, pourrait contribuer à renforcer les stratégies et les capacités opérationnelles des forces loyalistes. Toujours parmi ses pistes, l'ancien Ministre de la Coopération a profondément attiré l'attention du Chef de l'Etat sur l'anticipation, plaidant pour la nomination urgente d'un Gouverneur militaire pour diriger le grand Katanga. L'enjeu consiste, selon lui, à étouffer sensiblement l'infiltration dans cette partie importante du territoire national.
Réformes d'envergure
À ses yeux, la RDC ne peut plus se contenter de subir les attaques et les conséquences de l'insécurité dans sa partie orientale. Il estime que le pays doit prendre ses responsabilités et envisager une réponse plus offensive.
« Le Congo doit aujourd'hui se décider de faire la guerre au Rwanda et non d'attendre de se défendre quand le Rwanda tue nos enfants dans notre pays », a-t-il déclaré, allant jusqu'à demander au chef de l'État de déclarer la guerre au pays voisin, conformément, selon lui, à un engagement précédemment annoncé.
Toutefois, Clément Kanku estime qu'une telle démarche doit être précédée d'une remise en ordre des institutions nationales, particulièrement celles chargées de la défense et de la sécurité.
« Nous demandons donc au chef de l'État de refonder une nouvelle armée, une armée débarrassée des bois morts, une armée débarrassée des infiltrés, une armée qui répondra au seul objectif de défendre la nation », a-t-il plaidé.
Il réclame notamment l'identification des personnes servant au sein des Forces armées de la RDC, de la Police nationale et des services de renseignement, afin de s'assurer de leur loyauté envers la République.
« Le gouvernement nous doit des explications, pour savoir et connaître le cursus de ceux à qui nous allons ou avons confié notre vie, ceux à qui nous avons confié notre destin », a-t-il affirmé.
La Communauté internationale interpellée
Clément Kanku a également lancé un appel à la communauté internationale, lui demandant de passer des condamnations verbales à des mesures concrètes contre les acteurs qu'il accuse de contribuer à la déstabilisation de la RDC.
Il exige notamment des sanctions contre le régime de Paul Kagame, Joseph Kabila et leurs complices présumés. Pour lui, la persistance des violences dans l'Est du pays nécessite une réaction internationale plus ferme afin de prévenir toute aggravation de la crise. Il a notamment plaidé pour la dotation des moyens logistiques nécessaires aux FARDC pour leur permettre d'être au diapason de la menace, comme cela se passe avec l'Ukraine face à la Russie.
L'acteur politique estime que la RDC fait face à une menace qui dépasse les rivalités politiques internes et touche directement à son intégrité territoriale.
"Le Congo est menacé comme nation. Nous n'avons pas le droit à la distraction", a-t-il averti, appelant les Congolais et les partenaires du pays à prendre la mesure de la situation.
Un appel particulier à la communauté banyamulenge
Dans son intervention, Clément Kanku a tenu à adresser un message à la communauté banyamulenge, qu'il appelle à se désolidariser publiquement des actes de Joseph Kabila et de toute personne impliquée, selon lui, dans la déstabilisation du pays.
Il estime que cette communauté ne doit pas être assimilée aux individus qu'il accuse de servir les intérêts du Rwanda. Il l'invite ainsi à condamner les initiatives susceptibles de porter atteinte à la souveraineté nationale et à réaffirmer son attachement à l'unité de la RDC.
"Nous voulons donc dire à nos frères et soeurs, nous voulons dire à toutes les communautés et principalement à la communauté banyamulenge que nous n'avons pas de problème avec eux", a-t-il déclaré.
Clément Kanku affirme que son appel ne vise pas une communauté dans son ensemble, mais des personnes dont les actes doivent, selon lui, être examinés individuellement. Il met en garde contre toute confusion entre l'appartenance communautaire et les responsabilités politiques ou militaires.
"Aucune communauté n'est stigmatisée dans ce pays et il n'y a pas de discrimination", a-t-il martelé, rejetant les accusations de stigmatisation qu'il considère comme susceptibles d'être instrumentalisées dans le conflit entre Kinshasa et Kigali.
Rappelant que la RDC compte plus de 450 communautés ethniques, il appelle à préserver la cohésion nationale et à éviter les discours qui pourraient opposer les Congolais entre eux.
"Le Congo est une mosaïque. Il est aujourd'hui temps de s'assurer que nous vivons tous en concorde", a-t-il insisté.
Il demande ainsi aux Banyamulenge de prendre clairement leurs distances avec les acteurs qu'il accuse de participer à la déstabilisation du pays, tout en rappelant que chaque citoyen doit pouvoir se sentir chez lui en RDC dans le respect des lois de la République.
Confessions religieuses et opposants appelés à clarifier leurs positions
Les confessions religieuses n'ont pas été épargnées par les critiques de Clément Kanku. Il leur reproche certaines prises de position qu'il juge susceptibles d'alimenter les tensions communautaires et de servir, selon lui, les intérêts du Rwanda.
Il appelle les responsables religieux à faire preuve de discernement et à contribuer à la préservation de la paix et de la cohésion nationale.
"Nous avons compris qu'ils jouaient le jeu du Rwanda, qu'ils étaient envoyés en mission pour déstabiliser cette mosaïque qu'est la communauté congolaise", a-t-il affirmé à propos de certains religieux, sans que ces accusations constituent en elles-mêmes des faits établis.
Pour Clément Kanku, les leaders religieux doivent privilégier la responsabilité, la vérité et l'unité nationale, plutôt que de relayer des discours susceptibles d'accentuer les divisions entre les communautés.
Dans le même ordre d'idées, il a condamné l'attitude des opposants qui, selon lui, ne dénoncent pas la création du FRN. Il les appelle à sortir de leur silence et à condamner clairement toute initiative susceptible de menacer la souveraineté congolaise.
Il met également en garde contre les acteurs politiques qui chercheraient à remettre en cause la légitimité des institutions issues des élections de 2023.
"Nous avons un gouvernement, des institutions élues démocratiquement et un chef de l'État qui exerce pleinement son mandat", a-t-il déclaré, rejetant les discours faisant état d'une crise de légitimité.
Selon lui, les divergences politiques ne doivent pas détourner les autorités des priorités sécuritaires ni servir de prétexte à des ambitions de retour au pouvoir en dehors des voies démocratiques.
Le dialogue national ne doit pas détourner des priorités sécuritaires
Dialogue en RDC
Abordant la question du dialogue national inclusif annoncé par le Président de la République, Clément Kanku dit prendre acte de cette initiative, tout en exprimant des réserves sur sa capacité à ramener la paix.
"Nous pensons aussi que, quand les Congolais se retrouvent, du moins quand il y a un forum où les gens peuvent se parler, ils peuvent échanger les idées et renforcer la cohésion nationale", a-t-il reconnu.
Il estime néanmoins que la crise actuelle ne relève pas d'abord d'un problème de légitimité politique, mais d'une menace sécuritaire liée, selon lui, à l'agression rwandaise. "Mais nous ne croyons pas que le dialogue tel qu'on nous l'a imposé, ou du moins proposé, viendra ramener la paix dans ce pays. Le Congo ne connaît pas une crise politique", a-t-il soutenu.
Pour lui, le dialogue doit contribuer à la cohésion nationale sans détourner l'attention des réformes nécessaires dans les secteurs de la défense et de la sécurité.
Il plaide également pour une armée professionnelle, républicaine et dissuasive, capable de protéger efficacement le territoire national contre toute menace extérieure et toute tentative de déstabilisation de l'intérieur.
Le Congo n'est pas à vendre
En conclusion, Clément Kanku a annoncé le lancement imminent des activités du Mouvement Debout Congolais, sa propre initiative, avec l'ambition de mener des actions de sensibilisation et de mobilisation à travers le pays.
"Debout Congolais pour permettre aux Congolais de se mettre debout et de prendre conscience du danger, et aux Congolais d'agir et non de continuer à subir", a-t-il expliqué, appelant la population à participer à la défense de la souveraineté nationale.
Halte à la manipulation à grande échelle
Il a par ailleurs vivement critiqué le bilan de l'ancien Président Joseph Kabila, évoquant notamment des accusations de mauvaise gouvernance, des crimes présumés et des dossiers économiques controversés, parmi lesquels Congo Hold-up et le contrat chinois. Il a également rappelé les violences et les atteintes aux libertés publiques survenues sous les précédentes administrations, estimant que les Congolais ne doivent pas oublier les blessures du passé. "Nous rappelons à Joseph Kabila que si, par un accident de l'histoire, il s'est retrouvé à la tête de ce pays pendant une vingtaine d'années, qu'il ne rêve pas de revenir au pouvoir", a-t-il lancé.
Son message se résume à un appel à l'unité nationale, à la réforme des institutions sécuritaires et à une mobilisation politique et populaire face à la menace qu'il dénonce. "Le Congo n'est pas à vendre. Le Congo n'est pas un bien sans maître", a insisté Clément Kanku, appelant les Congolais à défendre leur pays et à empêcher toute tentative de remise en cause de sa souveraineté.