Le retour au calme reste fragile à Maurice après deux nuits de tensions et de violences liées notamment aux problèmes de distribution d'eau et au tir d'un policier sur un véhicule, qui a grièvement blessé en début de semaine une jeune femme de 29 ans rentrant du travail. Le gouvernement a instauré un couvre-feu nocturne, dont la troisième nuit s'achève ce vendredi matin. À Goodlands, dans le nord de l'île, les habitants oscillent entre condamnation des débordements et colère contre le gouvernement.
À Goodlands, une localité très commerçante de Maurice, le calme contraste avec l'agitation habituelle, les commerces ayant fermé dès la mi-journée. Ici, comme ailleurs dans l'île, la colère est toujours présente.
Sur place, Ajay, vendeur de fruits, comprend l'exaspération, mais condamne les débordements. « Les gens sont en colère car il y a trop de choses qui se passent en ce moment. La réforme des pensions, et bien d'autres choses encore. Mais je ne suis pas d'accord que des gens réagissent de cette façon-là. »
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Pour Giovanne, jeune marchand ambulant, c'est surtout le coût de la vie qui devient insupportable. « Tout est cher. On n'arrive plus à vivre décemment. Il faut un changement. Et il faut que tout le monde coopère dans l'unité pour changer le pays et le faire avancer. On est né ici et on mourra ici. »
Face aux violences, la police a déployé ses unités spécialisées et procédé à plus d'une centaine d'arrestations. L'assistant surintendant Suhail Lidialam : « La police reste pleinement mobilisée. Notre priorité absolue est d'assurer la sécurité de tous et de favoriser un retour à la normale. »
Jeudi soir, le Premier ministre Navin Ramgoolam a accusé des barons de la drogue d'être à l'origine des désordres, sans pour autant apporter des preuves, et affirme qu'il n'y aura « aucun répit contre les marchands de drogue ». Les autorités menacent de poursuivre les émeutiers sous la législation antiterroriste.