Rencontre avec Teddy Raparivo, petit-fils d'un des monstres sacrés de la peinture malgache, Rolland Raparivo. Un jeune peintre à la maturité déjà aiguisée, au talent inné.
Est-ce que cet héritage, le nom « Raparivo », ne serait pas trop lourd à porter pour un jeune professionnel comme vous ?
Porter le nom, et en quelque sorte l'héritage « Raparivo », est lourd à porter. Étant donné aussi que je suis le plus jeune de ses petits-enfants, je vais poursuivre sa voie, ce qu'est la peinture « Raparivo ». Mais je prends tout cela pour un honneur.
Votre enfance s'est déroulée loin de votre grand-père...
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J'ai grandi à Andekaleka parce que mon père travaillait dans la société Sinohydro. J'y ai vécu pendant presque dix ans, à partir de 2010, avant de revenir à Tananarive en 2020. Après mon baccalauréat, j'ai dû me résigner à ne plus poursuivre d'études à cause de difficultés financières. C'est depuis mon enfance que j'aimais dessiner. En 2024, j'ai décidé de me professionnaliser en commençant par des portraits. En 2025, j'ai élargi mes perspectives. Sincèrement, je n'ai jamais pensé faire une carrière dans la peinture. Mais quelque chose en moi me poussait à le faire, je crois.
Il vous a donné des conseils, transmis des techniques, des choses comme cela ?
Rolland Raparivo et moi, nous n'avons pas eu beaucoup de temps ensemble. Très peu de contacts, pour ainsi dire, du fait que nous habitions à Andekaleka de 2010 à 2020. L'éloignement rendait aussi nos rencontres rares, même pendant les vacances. Si je m'en souviens, durant ces dix ans, nous ne nous sommes vus que quatre fois. Donc, avec ces rares moments ensemble, il n'y a pas eu de conseils sur la peinture ou des choses comme ça. D'ailleurs, cet art ne m'intéressait pas encore.
Mon grand-père et ma grand-mère ne savaient même pas que je dessinais déjà au crayon. C'est en 2018 que je l'ai vu pour la dernière fois. Donc, quelque part, c'est le talent naturel qu'il possédait qui est aussi en moi. Comme je l'ai déjà mentionné, je n'ai reçu aucun conseil, aucune technique, etc. de Rolland Raparivo. J'ai appris seul, en autodidacte. J'adapte mes recherches et mon approche aux contextes actuels ; je qualifierais mon approche de « réaliste ».
Par ailleurs, vous ne vous êtes pas éloigné du style de votre grand-père...
De mon point de vue, la plupart des artistes sont attirés par la « peinture moderne ». Du coup, par rapport à la vente, il y a peu d'acheteurs, tout autant pour la « peinture classique ». Si je tiens au classique, c'est à cause de mon aspiration à revivre la vie et la nature malgaches, la nostalgie de l'antan, les lieux chargés d'histoire, et aussi notre identité malgache. Ces lieux me rendent nostalgique.
La dernière question, la classique : est-ce que peindre des tableaux fait vivre ?
Je vais vous répondre selon mes propres vécus. Et comme je suis aussi en activité dans cet art, la peinture fait et fera toujours vivre l'artiste, que ce soit durant les périodes anciennes ou la période contemporaine. Pour moi, une fois que vous vous appliquez avec rigueur, que vous savez y transmettre un message, que vous donnez « vie » à l'art, vous pouvez forcément en vivre. Puisqu'au fond, c'est surtout l'inspiration de l'artiste que les gens achètent.