Sénégal: Élection du Secrétaire général de l'ONU - Macky Sall, la déconvenue aux allures d'une pantalonnade

L'ancien président sénégalais, Macky Sall, qui se présentait au poste de secrétaire général de l'ONU, a officiellement retiré sa candidature. Un jet d'éponge qui n'a surpris personne car, mal engagée, cette prétention n'avait aucune chance de prospérer. Pourquoi ?

D'un, l'ancien président sénégalais a mis du temps à être parrainé par son pays ou un groupe de pays, notamment l'Union africaine, comme l'exige les dispositions statutaires en la matière. Il a dû attendre début mars 2026 pour que le président Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine, lui tend la main. Peine perdue car, comme pour indiquer que l'UA n'était pas favorable à parrainer la candidature de Macky Sall, le président Youweri Mussevi d'Ouganda mettait sur orbite pour cette élection, son ancien ministre des Affaires étrangères, Olara Otunnu, en juillet 2026.

Et si pour des raisons de politique intérieure, le président Bassirou Diomaye Faye, accepta de parrainer puis de mettre les chancelleries sénégalaises au service de cette candidature, il semble bien que cette prétention de la 25e heure ne pouvait amasser mousse pour une autre raison : celle de la préférence géographique pour occuper la prestigieuse fonction de Secrétaire général de l'ONU.

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Et de deux, cette règle non écrite d'occupation tournante du poste de Secrétaire général de l'ONU laisse entrevoir qu'il revient à un Sud-Américain de succéder à l'européen Antonio Guterres dont le mandat arrive à expiration le 31 janvier 2027. Du reste, les candidats sud-américains au poste n'ont pas manqué de postuler, certains avant même la fin de l'année 2025, avec des curriculums vitae, les uns plus étoffés que les autres.

Il s'agit de l'Argentin Rafael Grossi, actuel président de l'Agence internationale pour l'Energie nucléaire (AIEA) ; de la Costaricaine Rebecca Gryspan, ancienne-vice présidente de la l'Assemblée générale de l'ONU et cheffe de la CNUCED, l'organisme spécialisé des Nations unies pour le commerce et le développement ; de Maria Fernanda Espinosa Gracias, une Equatorienne, ancienne présidente de l'Assemblée générale de l'ONU, également. Et on passe sous silence des candidatures sérieuses comme celle de Michelle Bachelet Jeria, ancienne présidente de Chili, actuellement Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.

Au vu d'un si large éventail de prétendants sérieux à la succession d'Antonio Guterres, on se demande que diable Macky Sall était-il allé chercher dans cette galère? Ce qui devait arriver arriva avec cette candidature de dernière minute, parrainée du bout des doigts par une présidence sénégalaise qui a visiblement d'autres priorités et par un président en exercice de l'Union africaine dont le poids diplomatique ne pèse pas lourd dans la géopolitique africaine et mondiale du moment. Cette lapalissade s'est vite vérifiée avec une candidature de Macky Sall recueillant peu de suffrages lors des votes préliminaires. Au 5e tour du scrutin, ce fut la bérézina pour l'ancien président qui ne recueille que 5 voix favorables contre 10 oppositions de la par des pays membres du Conseil de sécurité.

Dès lors, si ce n'est pas la queue entre les pattes, c'est une pantalonnade pour Nianga Sall, traduisez, "Sall le sévère", contraint de jeter l'éponge, avec un bouclier d'artifices, celui de favoriser l'emergence une candidature consensuelle, dit-il. Mieux vaut tard que jamais pour l'ancien président sénégalais, de se rendre compte que ses prétentions à diriger l'ONU ne peuvent aboutir.

Au demeurant, la 3e raison de cet échec est liée aux multiples casseroles Macky Sall laisse au Sénégal après 2 mandats présidentiels. On rappellera à bon escient que s'il a été surnommé Nianga Sall, c'est en raison de la sévérité avec laquelle, il traitait ses opposants politiques, notamment Ousmane Sonko, ou Karim Wade. Par ailleurs, ses velléités à briguer un 3e mandat présidentiel et la dette publique cachée du Sénégal, 425 milliards de FCFA environ, sont de véritables grosses tâches qu'aucun observateur averti ne saurait cautionner de voir associées à la personnalité du Secrétaire général de l'ONU.

Et l'on revient à cette exclamation-interrogation : que diable allait-il chercher dans cette galère des dédales d'élection-désignation du Secrétaire général de l'ONU ? Ne rions pas de la pantalonnade que Nianga Sall s'est ramassée, car c'est véritablement une comédie burlesque que de vouloir forcer le destin pour diriger la faitière mondiale des États quand on a un bilan si pauvre à la tête d'un seul pays, le sien.

Mais sait-on jamais? les relations internationales cachent sous les plis des relations personnelles qui y naissent, des raisons, des logiques, que la raison ne connait pas. En effet, Macky Sall pourrait jouer à qui perd gagne dans cette déconvenue électorale au Palais de Verre de New York.

De fait, Le président Bassirou Diomaye Faye, à défaut de le propulser Secrétaire général de l'ONU pour soigner ses entrées ici et là, peut en faire un ambassasseur itinérant, ou son représentant spécial, bref un diplomate VIP, à la fois globe trotteur et facilitateur intra muros, pour ses besoins de relations internationales et intérieures, et pour cause : les prochaines élections municipales, parlementaires et surtout présidentielle au Sénégal ne seront pas du précuit face au PASTEF d'Ousmane Sonko. Et si Macky Sall a bu la tasse de sa déconvenue onusienne jusqu'à la lie pour être la monture, le cheval de luxe que ménage le président Diomaye Faye pour aller loin en politique?

Qui vivra verra !

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