Tchad: L'épidémie de dengue continue de progresser et met en lumière les fragilités du système de santé

Moustique-tigre (Aedes albopictus), vecteur du chikungunya et de la dengue.

Alors que cinq provinces tchadiennes sont désormais officiellement touchées par la maladie qui a déjà fait huit morts pour plus de 3000 cas suspects recensés, celle-ci révèle aussi la faiblesse du nombre de lits de réanimation disponibles dans le pays ainsi que les problèmes d'approvisionnement de ses laboratoires en kits de dépistage.

L'épidémie de dengue qui touche le Tchad continue de progresser. Alors que cinq provinces du pays sont désormais officiellement touchées par la maladie qui vient s'ajouter à la flambée saisonnière de paludisme, celle-ci a déjà fait huit morts pour plus de 3 000 cas suspects recensés, dont 2 472 dans la seule province du Wadi Fira, selon le bilan fourni par Dicia Fitouin, coordinateur du Centre des opérations d'urgence de santé publique.

Mais si ces chiffres sont inquiétants, c'est aussi parce qu'ils révèlent combien le système de santé tchadien demeure fragile face aux catastrophes sanitaires. Alors qu'à ses débuts, les symptômes de la dengue ressemblent à ceux du paludisme qui flambe lui aussi en cette fin de saison des pluies - courbatures généralisées, léthargie, grande fatigue, fièvres ou encore maux de tête intenses -, beaucoup de malades se soignent seuls. « Les gens passent directement dans les pharmacies, qui donnent des anti-paludéens », explique le docteur Bargo, médecin urgentiste et secrétaire général de l'Association de développement de la santé privée au Tchad.

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Résultat : les malades n'arrivent à l'hôpital qu'au stade des complications - quand le foi, les reins ou le coeur finit par lâcher notamment en raison d'une déshydratation aiguë - ce qui ne va pas sans poser problème dans un pays qui « manque de lits de réanimation », poursuit le docteur Bargo, selon qui le Tchad en compte moins d'une centaine...

Mais l'épidémie révèle aussi les problèmes d'approvisionnement des laboratoires en kits de dépistage, qui se raréfient. « Le stock s'amenuise », reconnaît en effet le docteur Dicia Fitouin qui appelle à consulter tôt, à éviter les anti-inflammatoires et les eaux stagnantes où les moustiques prolifèrent. À condition que la population suive les consignes, « il n'y a pas de fatalité », assure ce dernier qui rappelle que le Tchad a déjà vaincu une épidémie similaire en 2023.

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